Le parc Cartier-Brébeuf a accueilli, vendredi dernier, la première édition de l’Agora pour un Québec sans pauvreté, un événement festif et rassembleur permettant à plusieurs organismes d’offrir des ateliers d’éducation populaire en plein air. Pour le Collectif, cette première édition a été un franc succès, avec près de 1000 personnes présentes au cours des deux journées de rassemblement.
Julie-Anne Perreault
CKIA 88,3 – IJL
À l’origine, le Collectif pour un Québec sans pauvreté souhaitait organiser un événement politique en marge de la campagne électorale afin de mettre les enjeux liés à la lutte contre la pauvreté à l’avant-plan. Toutefois, selon le porte-parole du Collectif, Serge Petitclair, l’idée d’un événement plus rassembleur s’est progressivement imposée.
Les ateliers offerts s’articulaient autour de trois grands axes : Le discours doit changer, Parlons de pauvreté et Luttons contre la pauvreté. L’objectif était de déconstruire les mythes et de démasquer les préjugés entourant la pauvreté, tout en mettant de l’avant un discours fondé sur les droits et la dignité. Les activités visaient également à encourager le public à passer de la solidarité à l’action.
Parmi les organismes présents figurait notamment le Conseil national des chômeurs et chômeuses, qui proposait des présentations sur la réforme du régime d’assurance-emploi. Le campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) offrait quant à lui une conférence sur la pauvreté en milieu rural. D’autres groupes abordaient des enjeux comme la montée de l’extrême droite, l’exploitation sexuelle et l’itinérance.
« On retrouve toutes sortes de sujets qui sont liés directement ou indirectement à la pauvreté », a ajouté le porte-parole.
CKIA 88,3 était aussi présent pour une émission en direct, diffusée devant public.
Vendredi soir, la journée s’est achevée sur une note festive avec les prestations de Véronica Rioux, Coralie LaPerrière, KNLO et Sarahmée. Malgré cette ambiance de célébration, le porte-parole a rappelé que de nombreuses personnes vivent toujours dans la précarité et sont durement touchées par la pauvreté.
Un appel lancé à toutes les formations politiques
Le porte-parole souhaite avant tout que la lutte contre la pauvreté occupe une place centrale dans la prochaine campagne électorale provinciale, qui devrait commencer officiellement à la fin de l’été.
« Ce qu’on veut surtout, c’est que les futurs élus s’engagent à mettre en place des mesures structurantes en matière de lutte contre la pauvreté », a rappelé Serge Petitclair.
« On ne veut pas de chèques d’aide ponctuelle. Ça ne sert à rien », a-t-il lancé.
Il évoque notamment l’augmentation du crédit d’impôt pour solidarité, la hausse des prestations d’aide sociale ainsi qu’une révision du salaire minimum parmi les pistes de solution envisagées.
Le porte-parole est également revenu sur les revendications de la Coalition Main rouge, qui demande au gouvernement de revoir les paliers d’imposition, de créer un impôt sur le patrimoine du 1 % des plus riches et d’abolir l’inclusion partielle du gain en capital.
L’événement s’est finalement conclu samedi par une grande manifestation pour un Québec sans pauvreté dans Limoilou, suivie d’un gala de lutte présenté par la NSPW.
