Un grand rassemblement solidaire était organisé aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, en soutien à la campagne RELIER. Le mouvement a d’ailleurs récolté 3 000 signatures de personnes qui demandent au prochain gouvernement de passer à l’action et de prendre des engagements clairs pour renverser la tendance en matière d’itinérance.
Julie-Anne Perreault – CKIA 88,3
Des centaines de personnes étaient rassemblées ce matin devant l’Assemblée nationale. À l’approche des élections du 5 octobre, le milieu tente de sensibiliser les membres du futur gouvernement à l’enjeu de l’itinérance. Symboliquement, une ribambelle de plus de 800 mètres a été déployée autour de l’Assemblée nationale.
« On retrouve des gens de différents horizons et milieux de vie qui partagent des inquiétudes grandissantes : celle de voir l’itinérance s’amplifier, se complexifier et s’enraciner à Québec », lance Marie-Noëlle Béland de L’Engrenage Saint-Roch.
« Ce sont des gens qui cultivent ensemble l’espoir et qui savent qu’en reliant l’itinérance à ses causes, on est capables de renverser la tendance », ajoute celle qui agit également à titre de co-porte-parole de la campagne RELIER.
Une dizaine de représentants ont aussi pris la parole lors de la conférence de presse. Parmi eux, on retrouvait Isabelle Genest, présidente-directrice générale de Centraide Québec–Chaudière-Appalaches et Bas-Saint-Laurent.
« Le futur gouvernement du Québec doit faire de l’itinérance une priorité parce que l’itinérance, c’est la forme la plus extrême de la pauvreté », a lancé Mme Genest.
« Si on veut vraiment renverser la tendance, il va falloir faire beaucoup plus que s’attaquer seulement à ce que l’on voit dans la rue. Il faut s’attaquer aux conditions qui font qu’au Québec, encore aujourd’hui, il y a des gens qui finissent par tout perdre », a-t-elle ajouté.
Emmanuelle Careau, vice-rectrice adjointe aux affaires internationales, au développement durable et à l’EDI de l’Université Laval, ajoute que le milieu de l’enseignement supérieur est lui aussi directement interpellé par la question de l’itinérance.
« Se relier, c’est aussi de s’appuyer sur notre humanité pour ne pas accepter ce qui est inacceptable », avance la vice-rectrice, en précisant que le milieu contribue à documenter l’enjeu à travers la recherche.
« Une question de volonté politique »
La campagne s’accompagne aussi de 15 pistes de solutions divisées en cinq axes, soit le logement, le revenu, la santé globale, les services publics et les organismes communautaires, ainsi que la planification et l’évaluation. Ces mesures ont été élaborées en collaboration avec diverses organisations, à partir de recherches et de l’expertise des travailleurs et travailleuses du terrain.
D’après les organisateurs, les causes de l’itinérance sont connues. Il faut maintenant des engagements politiques clairs.
« C’est absolument maintenant qu’il faut agir », lance Odrée Couture-Bédard, de L’Archipel d’Entraide et co-porte-parole de la campagne RELIER.
« Dites-vous que si on agit maintenant, on ne verra pas les résultats avant un petit bout. Il faudra rester solidaires dans les quatre prochaines années », a-t-elle précisé.
Les porte-paroles précisent également que le mouvement ne se terminera pas après les élections du 5 octobre prochain. Ils ont l’intention de poursuivre les démarches auprès du prochain gouvernement et des nouveaux ministres.
Les pistes de solutions de la campagne RELIER
Logement
- Bâtir massivement du logement social et communautaire;
- Faciliter le maintien en logement;
- Garantir le respect des réglementations en matière de loyer.
Revenu
- Garantir un soutien du revenu qui permette de couvrir ses besoins de base;
- S’assurer que le travail permette de vivre hors de la pauvreté;
- Reconnaître le droit de travailler selon ses capacités.
Santé globale
- Assurer un accès local aux services de santé et aux services sociaux pour tous et toutes, tant sur le plan préventif que curatif, et inclure une approche adaptée pour les personnes aux profils plus désaffiliés;
- Répondre aux besoins urgents des personnes en situation d’itinérance.
Services publics et organismes communautaires
- Assurer un accompagnement réel et continu lors des sorties d’établissement;
- Garantir un accès réel, humain et adapté aux services publics;
- Garantir aux organismes communautaires un financement stable, pérenne et à la hauteur des besoins.
Planification et évaluation
- Travailler ensemble et suivre à haut niveau;
- Anticiper les décisions qui auront un impact sur le phénomène de l’itinérance;
- Faire une place réelle aux personnes premières concernées.
