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Affaires publiques

Alors que les besoins en places en centres de la petite enfance sont criants au centre-ville de Québec, on apprend que la construction d'un CPE, prévue dans le projet d'habitation de l'îlot Saint-Vincent-de-Paul, pourrait être abandonnée. Les appels d'offres du ministère de la Famille financeraient seulement l'agrandissement de CPE existants et non la construction de nouveaux établissements dans le secteur.

Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3

Dévoilé en avril dernier, le projet de 151 unités d'habitation est le premier financé par Maisons Canada. Son annonce mettait fin à des années de batailles juridiques pour donner un second souffle au terrain vacant de la Haute-Ville. Surnommé le « Patrotôt », ce complexe de six étages est estimé à 55,7 M$. Il prévoit l'ajout de 80 places en CPE, de jardins communautaires et d'une esplanade.

Or, on apprend aujourd'hui que la construction du CPE pourrait être abandonnée. C'est le député de Taschereau de Québec solidaire, Étienne Grandmont, qui en fait l'annonce, accompagné de parents du quartier préoccupés par le manque de places dans les garderies du centre-ville.

Photo : La construction du projet devrait commencer au printemps 2027, crédit : Lafond Côté Architectes Engagés 


« Il y a des milliers d'enfants qui attendent une place en CPE à Québec et dans la Capitale-Nationale, on parle de 4 000 enfants sur la liste d'attente. Pour le CPE Saint-Jean-Baptiste, on parle de 600 enfants », lance Étienne Grandmont, en point de presse au pied de la côte Honoré-Mercier.

Selon le solidaire, le financement et les appels d'offres du ministère de la Famille concernent seulement l'agrandissement de CPE déjà existants en Haute-Ville et excluent la construction de nouveaux centres. L'équipe du CPE Saint-Jean-Baptiste, qui devait administrer le futur CPE du « Patrotôt », aurait essuyé un refus lors du dépôt du projet.

« Pour un simple critère administratif et bureaucratique, la ministre refuse l'ajout de nouvelles places de CPE dans une installation, ici, à l'îlot Saint-Vincent-de-Paul », dénonce Étienne Grandmont.

Des règles à revoir

L'élu prétend que les solutions pour ajouter des places en CPE sont connues. Selon lui, il faut construire davantage, agrandir des centres existants et revoir les critères de proximité.

« Les règles d'attribution des CPE ont été revues par le ministère de la Famille et on se retrouve avec des incohérences incroyables, lance le député. Les personnes habitant à côté d'un CPE ne peuvent pas y avoir accès parce que ces places-là sont réservées aux travailleurs de la fonction publique et de la Ville », dénonce-t-il.

Cyndie Caron, qui habite le quartier depuis plus de 20 ans, déplore aussi la situation.

« Deux décisions récentes prises par le ministère de la Famille nous portent préjudice, lance-t-elle. « On a retiré le critère de proximité du CPE Saint-Jean-Baptiste, dans lequel on pensait être choisis », dénonce la résidente.

« On demande un traitement juste et équitable », conclut la mère de famille.

Par écrit, la conseillère du district Cap-aux-Diamants, Mélissa Coulombe-Leduc, a également réagi à la nouvelle.

« Notre préférence pour l’inclusion d’un CPE dans le projet de logement social à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul est connue depuis longtemps. Aussi décevante soit-elle, cette décision ne devrait pas retarder la réalisation du projet, que les citoyens du quartier attendent depuis plus de 40 ans », affirme la conseillère.

« Elle illustre surtout l’importance pour les ministères de mieux s’arrimer en amont de l’octroi de financement pour des projets de logement social », ajoute-t-elle.

» Nous nous tenons prêts à collaborer pour faciliter l’arrivée d’un nouveau CPE dans le quartier, en toute cohérence avec notre engagement à favoriser l’implantation de services de proximité pour les familles que nous voulons attirer en Haute-Ville, notamment dans le Vieux-Québec. », conclut-elle.

 
 

Émiss
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