Une série documentaire consacrée aux employés de Lauberivière vient de voir le jour. Intitulée Les Perles de Lauberivière, le projet vise à mettre en lumière le travail des employés dévoués qui accompagnent au quotidien des personnes en situation d’itinérance dans la Capitale-Nationale. Une production signée Taïga Média, imaginée par Philippe Couture et réalisée par Marie-Ève Potvin.
Julie-Anne Perreault — CKIA 88,3
« C’est parti d’une interrogation », lance Philippe Couture, idéateur du documentaire, également journaliste radio au FM 93. Résident du quartier Saint-Sauveur depuis 2011, il déplore le discours souvent négatif qui entoure les quartiers où l’itinérance est particulièrement visible.
Selon lui, certaines personnes, parfois épuisées par les enjeux liés à la cohabitation, ont l’impression que rien n’est fait pour améliorer la situation.
« Il y a un discours qu’on entend peut-être chez des personnes qui côtoient moins le quartier, ou même chez des gens qui sont éreintés par cette mixité-là. Ils disent : “Personne ne fait rien” », explique-t-il au micro de notre matinale Québec, réveille!
« Pourtant, il y a des gens qui font quelque chose, mais peut-être qu’on ne les voit pas. Je me suis dit : il faudrait que quelqu’un qui connaît ça me l’explique », ajoute le journaliste.
Même si le gouvernement investit d’importants montants dans la lutte contre l’itinérance, Philippe Couture est d’avis que ces montants ne se transforment pas en actions visibles et tangibles pour le public. De là est née l’idée d’entrer dans l’intimité des employés de Lauberivière et de répondre à la question : que font ces gens au quotidien pour aider des personnes en situation d’itinérance à revenir sur le droit chemin ?
Après plus d’un an de travail, de rencontres et de collaboration avec l’équipe de Lauberivière, l’idée a finalement donné naissance à une série documentaire de six épisodes dédiés aux différentes réalités des employés du centre. La série, produite par Taïga Média, explore aussi plusieurs thèmes, tels que l’accompagnement des nouveaux usagers, la sécurité, le bris de l’isolement, la fiducie volontaire et la gestion du Programme de réaffiliation en itinérance et en santé mentale (PRISM).
Un travail dans l’ombre mis en lumière
Éric Boulay, directeur général de l’organisme, ne s’en cache pas : plusieurs personnes lui avaient déjà proposé de documenter le travail de son équipe. C’est toutefois la relation de confiance développée au fil du temps avec Philippe et l’équipe de production qui l’a convaincu de se lancer cette fois-ci.
« Moi, ma mission, c’est d’aider et d’accompagner les gens, ce n’est pas de parler de Lauberivière à la radio […] à la télévision », lance le directeur général.
Un travail a été effectué pour s’assurer que l’anonymat des usagers soit respecté. La présence des personnes en situation d’itinérance est suggérée dans les épisodes sans être explicitement montrée, chose qui était cruciale pour Éric Boulay.
Il avoue maintenant que l’effet de la série sur son équipe de travail a été plus que positif :
« Avoir su que l’effet allait être aussi positif pour ma gang, je l’aurais fait avant », avoue-t-il.
Au fil des épisodes, le public rencontre les personnes qui œuvrent à donner des services, comme Bianca, intervenante en éducation spécialisée, Éric, qui transforme les dons alimentaires en 500 repas quotidiens, et Katherine, qui coordonne plus de 1 900 bénévoles.
Après le visionnement de la série, Philippe Couture souhaite que le public porte un regard plus nuancé sur les personnes en situation d’itinérance.
En terminant, rappelons qu’avec la montée de l’enjeu partout au Québec, les demandes d’aide à Lauberivière augmentent de 7 à 15 % par année. Une pression qui complexifie également le rôle de ce genre d’organisme pour pallier les besoins de la population.
La série documentaire Les Perles de Lauberivière est disponible sur le site de Savoir média à compter du 12 octobre à 20 h.
Photo à la une : Taïga Média
