Aller à la navigation.

Actualité

Affaires publiques

La Clinique Droit de Cité, en collaboration avec L'Engrenage Saint-Roch, la Ligue des droits et libertés – section Québec et Point de repère, inaugurait jeudi le photo-documentaire « L’impact derrière nos règlements municipaux ». Le projet met en lumière la manière dont les règlements municipaux, qui encadrent la gestion de l’espace public, se répercutent sur le quotidien des personnes en situation de précarité. Le vernissage marquait le lancement officiel de l’initiative, présentée tout au long du mois de mars dans la vitrine du sous-sol de l’église Saint-Roch.

Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3


Pour les différents partenaires du projet, l’objectif de l’initiative était de redonner la parole à ceux que l’on qualifie « d’experts du vécu » — des personnes en situation de précarité, très souvent judiciarisées — et de leur redonner un véritable pouvoir d’action.


« Nous, à la Clinique Droit de cité, on travaille beaucoup en collaboration avec différents partenaires dans le quartier Saint-Roch (...) et puis on s’est dit, pourquoi on ne redonnerait pas la parole aux experts du vécu, les personnes qui vivent la judiciarisation ainsi que leurs alliés pour qu’on puisse visibiliser leurs histoires parce que ce ne sont pas seulement des anecdotes » raconte Chantale Gariépy, coordonnatrice à la Clinique Droit de cité. 



Comme l’explique Émilie Leclerc, agente de mixité sociale à l’Engrenage Saint-Roch, une réflexion s’est par la suite mise en branle entre les différents partenaires du milieu. Les organismes impliqués se sont arrêtés sur l’entrevue et la photo, comme moyen d'illustrer la judiciarisation. 



Accompagné des intervenants et intervenantes, c’est le photographe Michaël Pineault qui conduisait les entrevues et capturait les lieux. 


        « C’est quelque chose de tellement valorisant d’enfin avoir de la considération pour des personnes qui n’ont pas voix au chapitre. »

                    Émilie Leclerc, agente de mixité sociale à l’Engrenage Saint-Roch



Dans l’exposition, chaque portrait d’un expert du vécu est accompagné de deux cartels : l’un présente le règlement municipal (à gauche), l’autre raconte son histoire.

À travers les témoignages, l’idée était aussi de sensibiliser les citoyens du secteur et de leur faire comprendre les réalités vécues par les personnes judiciarisées en situation de précarité. 




Les impacts de la judiciarisation 

Au-delà des constats d’infraction, la judiciarisation a de grands impacts humains, précise Émilie Leclerc.


Selon Dany, l’un des experts de vécu dépeints dans l’exposition, beaucoup de gens ont su se mettre dans la peau des autres grâce à celle-ci.

« Ça a été vraiment bien organisé », ajoute celui qui se dit satisfait de l’achalandage lors du vernissage.




Florence Boucher Cossette, avocate à la Clinique Droit de cité, a également pris la parole pour partager son expertise. Depuis des années, elle représente des personnes en situation de précarité qui se voient remettre des constats d’infraction à la cour municipale. 


« J’ai de la difficulté à comprendre comment est-ce qu’on peut rester complètement insensible quand on constate c’est quoi les effets réels que le règlement municipal à sur les citoyens de sa ville » explique celle qui a voué sa pratique professionnelle à combattre ce qu’elle qualifie de « système d'oppression »




Un règlement qui doit changer ? 


Le règlement auquel fait référence l’avocate est le R.V.Q. 1091 - Règlement sur la paix et le bon ordre à la Ville de Québec. L’article 5 précise « qu’il est interdit à une personne, sans motif raisonnable, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public ». Le règlement stipule également qu’il est interdit  « d’avoir en sa possession quelque objet, matériel ou équipement servant à la consommation d’une drogue illicite » dans un espace public. C’est d’ailleurs sur la base de cet article que des policiers de la Ville de Québec ont saisi du matériel d’injection spécialisé, tel que rapporté par Radio-Canada. Plusieurs autres articles du règlement sont aussi cités dans l’exposition. 


« J’invite aussi tous les représentants de la Ville ou tous les gens qui sont dans le système de justice à vraiment regarder le règlement pour ce que c’est, à aller plus loin que le texte de loi et à se rendre compte de l'influence qu’il a sur le gens», ajoute l’avocate.  


                    «  Il n’est jamais trop tard pour faire la bonne chose. »

                      Florence Boucher Cossette, avocate à la Clinique Droit de cité


Une démarche humaine 


 « Quand Chantale m’a parlé de ce projet-là, j’ai accepté tout de suite », raconte le photographe Michaël Pineault, celui derrière les images présentées dans ce photo-documentaire. « D’ouvrir le dialogue comme ça sur des enjeux bien concrets, ça allait de soi », ajoute-t-il. 


À travers cette série de belles rencontres derrière le projet, le photographe espère que les visiteurs retiennent l’importance de demeurer ouverts et attentifs aux réalités des autres.



                    « On est bien plus proche de se retrouver dans la rue que d’être millionnaire. »

                    Michaël Pineault, photographe 


Personnellement, il dit avoir lui-même appris beaucoup de choses à travers le processus. 


L’exposition  « L’impact derrière nos règlements municipaux » est présentée dans les vitrines de l’église Saint-Roch pour tout le mois de mars. 


Avec la collaboration de Marlène Bordeleau 


 
 

Émiss
ions

Revenir au début.