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Affaires publiques

En mai dernier, la vie d’Ariane Martin bascule. Sa mère, Lucie, reçoit un diagnostic de cholangiocarcinome, un cancer des voies biliaires de stade 4. Malgré plusieurs mois de traitements, la maladie l'emporte. Lucie s'éteint le 25 août 2025, à l'âge de 69 ans. Pour transformer son deuil en geste d'espoir, Ariane décide quelques mois plus tard de relever un défi hors du commun. Son objectif : amasser des fonds au profit de la Maison Michel-Sarrazin, qui a accompagné sa famille dans les derniers moments de la vie de sa mère.


Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3


« C'est une course inspirée des backyard runs. Au lieu de courir 6,7 kilomètres à chaque heure infiniment, c’est de courir 5 kilomètres à l’heure pendant 24 heures », explique Ariane.


Elle choisit d'annoncer son défi le 14 décembre 2025, une date hautement symbolique : le jour où sa mère aurait célébré son 70e anniversaire.


« J’avais vraiment besoin d’un défi pour gérer mon deuil », ajoute Ariane, qui, elle, parcourra un total de 120 kilomètres le 5 septembre prochain.


Au lancement du projet, elle se fixe comme objectif d'amasser 5 000 $ pour la Fondation Michel-Sarrazin. Au moment d'écrire ces lignes, Le Relais de Lucie, nommé en l'honneur de sa mère, a déjà permis de recueillir 12 100 $.


Plutôt que de s’en tenir à un défi personnel, l’événement propose maintenant au public de participer au Relais. Ceux et celles qui souhaitent soutenir Ariane peuvent le faire en offrant un don, mais aussi en s’inscrivant directement à l'initiative et en complétant le parcours seuls ou en équipe.


« Il y a vraiment beaucoup de gens qui me disaient : “Je suis vraiment intéressé, mais je ne veux pas faire 24 heures” », raconte Ariane.

« Il y a la possibilité que les gens viennent marcher, ils peuvent venir en famille », ajoute-t-elle, tout en précisant que les participants peuvent effectuer le nombre de kilomètres qu’ils souhaitent, à leur rythme.


Avec l’aide de la marraine de son conjoint, la coureuse réussit à avoir le Quai des Cageux gratuitement. En plus d’offrir un magnifique panorama sur le fleuve, le lieu servira de base pour les coureurs. Ils profiteront d’une grande terrasse, de commodités et d’installations sanitaires.



Photo : Ariane Martin au 10km de Québec en 2023 à Québec, courtoisie. 




L’impuissance face au diagnostic


C'est en mai 2025 qu'Ariane et sa famille apprennent que Lucie est atteinte du cancer des voies biliaires. Ce qui semble d'abord être une simple cholécystite, une inflammation de la vésicule biliaire, s'avère finalement être un cholangiocarcinome.


« On pensait que c'était une simple question d'enlever la vésicule biliaire, une chirurgie d'un jour et c'est fini. Finalement, ils se sont rendu compte à l'échographie qu'elle avait des métastases au foie », raconte Ariane.


La nouvelle est d'autant plus difficile à accepter que rien ne laissait présager un tel diagnostic.


« Ma mère était très en forme. Mes parents ont toujours fait du cardio plein air. » Même à la retraite, Lucie travaille encore à la Station touristique Stoneham, où elle skiait deux fois par semaine.


Inhalothérapeute de formation, Ariane témoigne de l'impuissance qu'elle ressent face à la maladie. Elle souligne que le cholangiocarcinome demeure un cancer peu étudié et qu'il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, ce qui limite les options de traitement.




Tout au long du mois de juin de la même année, Lucie est hospitalisée à l'Hôtel-Dieu de Québec. Malgré les efforts des médecins spécialistes, les traitements de chimiothérapie ne réussissent pas à freiner la progression de la maladie.


« J’avais les connaissances pour comprendre et réaliser ce que les médecins disaient, donc ça a été très difficile pour moi au début », confie-t-elle.



Photo : Lucie et le chien d'Ariane, nommée Kira, en décembre 2022. Courtoisie. 


Quand Lucie prend la décision d'arrêter ses traitements actifs, elle présente une demande à la Maison Michel-Sarrazin et obtient une place rapidement.


« On ne veut pas se rendre là, mais quand on s'y rend, on est vraiment chanceux. Ils sont pleins d’humanité et d’empathie », témoigne Ariane.


Contrairement au milieu hospitalier, où le ratio de personnel soignant par patient est généralement plus élevé, la maison de soins palliatifs Michel-Sarrazin se distingue par son approche personnalisée, qui place le patient au cœur des priorités. Une infirmière y est responsable d'un ou de deux patients seulement, ce qui favorise une présence constante et des soins personnalisés.





« C’est une petite équipe, il y a une infirmière et il y a des bénévoles qui sont incroyables et qui agissent à titre de préposés aux bénéficiaires », raconte-t-elle, en plus de souligner l’accueil chaleureux de l'infirmière-cheffe et du médecin en soins palliatifs.


Quand Lucie vit finalement ses derniers moments, des membres du personnel prennent soin d'Ariane et de sa famille, les accompagnant avec douceur et délicatesse.



Photo : Les parent d'Ariane, Lucie et Gilles. Courtoisie. 



Redonner à la Maison Michel-Sarrazin


Cherchant une façon de traverser cette épreuve, Ariane se penche sur des occasions de remettre des fonds à une cause. Comme il n’existait pas de fonds de recherche dédié spécifiquement au cancer qui a emporté sa mère, elle a voulu redonner à la maison qui les a si bien accompagnés dans leurs derniers moments en famille.


« Je savais qu’il y avait une course pour les enfants malades, mais ça ne me touchait pas personnellement », raconte-t-elle.


C’est pendant son séjour sur place qu’elle prend la décision de ramasser des fonds et de leur verser. La Fondation de la Maison Michel-Sarrazin l’a d’ailleurs soutenue dans plusieurs étapes de son projet.


« Ma mère a toujours été une femme forte et je pense que c’est un peu grâce à elle que j’ai pu organiser un événement comme ça. »

Ariane Martin


Toutes les sommes amassées pour Le Relais de Lucie iront directement à la Fondation Michel-Sarrazin. La course se déroule le 5 septembre prochain au Quai des Cageux.

 
 

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