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Actualité

Affaires publiques

Une centaine de manifestants étaient présents mardi dernier lors de la marche organisée par la Coalition régionale pour la justice climatique et sociale afin de souligner le Jour de la Terre. Une phrase résonnait pourtant parmi les murmures des manifestants : « As-tu vu la nouvelle de QSL ? ». En date du 21 avril, on apprenait que le gouvernement désignerait officiellement le port de Québec comme terminal de conteneurs international, permettant ainsi à l’entreprise QSL de déposer son projet de terminal de conteneurs en eau profonde dans le secteur de la baie de Beauport.

Julie-Anne Perreault 

CKIA 88,3 – IJL

« On a eu une très mauvaise nouvelle aujourd’hui », lance Claire Murati, co-coordonnatrice au Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN).

« On ne peut pas continuer à aller dans cette voie-là. Il faut arrêter ce genre de projets qui mettent l’économie avant tout et penser à l’humain, à la qualité de l’air », ajoute la porte-parole de la Coalition, qui craint l’impact de ce grand projet sur les quartiers centraux. Selon elle, le projet entraînera une augmentation de la poussière et du trafic dans un secteur où la qualité de l’air suscite déjà des inquiétudes.

François Proulx-Duperré, secrétaire général du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), est du même avis. Selon lui, il y a deux enjeux principaux à Québec : la qualité de l’air et le transport collectif.



Par voie de communiqué, on apprend aujourd’hui qu’une dizaine d’organisations citoyennes et de conseils de quartier demandent la tenue d’une enquête indépendante. Ils entreprendront rapidement une demande citoyenne formelle auprès de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC), ainsi qu’une demande auprès du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Comparativement au projet Laurentia, le projet de QSL sera évalué par le Port de Québec. Pourquoi ? Puisque le projet se fera sans empiéter sur le fleuve Saint-Laurent. L’évaluation des impacts environnementaux et les consultations seront donc réalisées par l’administration portuaire.

En 2021, c’est l’AEIC qui avait rejeté le dossier du projet Laurentia au port de Québec.

Si le projet de QSL s’inscrit dans l’actualité immédiate, il ravive aussi des débats déjà bien connus dans la région. Au-delà de ce dossier précis, les manifestants ont profité du Jour de la Terre pour remettre de l’avant des revendications plus larges liées à la crise climatique et sociale.




La paix, également au centre des priorités

Formée en 2022, la Coalition est née d’un regroupement de groupes étudiants, sociaux, écologiques, féministes et syndicaux. Elle est derrière les grandes manifestations environnementales des quatre dernières années.

Selon François Proulx-Duperré, le groupe revendique trois choses principales : agir plus vite contre la crise climatique en abandonnant rapidement les énergies fossiles, investir davantage dans les services sociaux et assurer une transition équitable pour les travailleurs.

Le porte-parole est d’avis que les gouvernements profitent de l’incertitude du contexte mondial.



« On l’a dans la face tous les jours : inondations, feux de forêt, cataclysmes. On ne peut pas, parce qu’il y a de l’hydroélectricité au Québec, se mettre la tête dans le sable et se dire que les autres le feront à notre place », ajoute le porte-parole.

De son côté, Claire Murati rappelle que les femmes paient tristement le prix lors des périodes de catastrophes climatiques. « Les femmes ont 14 fois plus de chances de mourir que les hommes », précise-t-elle.

Le stress engendré par des périodes de crise a des effets disproportionnés sur les femmes. Elle cite en exemple les inondations de Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, en 2023, où le CALACS de Charlevoix a reçu un plus grand nombre d’appels.

« Pour la première fois, on a ajouté l’enjeu de la paix au Jour de la Terre parce qu’il y a des conflits partout dans le monde », ajoute Claire Murati.



Marie-Lou Latourre, coordonnatrice des affaires environnementales et sociales à l’Association des étudiant·e·s en sciences sociales de l’Université Laval (AESS), lance aussi un appel à la solidarité.

« L’écoanxiété est vraiment exponentielle chez les jeunes », rappelle la porte-parole.



Finalement, la Coalition pour la justice climatique et sociale accueille « très froidement » la nomination de Pascal Déry comme nouveau ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a procédé à son remaniement ministériel mardi.

« On va voir ce que Mme Fréchette va faire, mais pour l’instant, on est très dubitatifs », conclut François Proulx-Duperré.

 
 

Émiss
ions

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