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Affaires publiques

L'organisme, qui a pour mission de contrer l’insécurité alimentaire dans les quartiers centraux de Québec, bénéficiera d’un montant de 1,4 M$ annuellement pour les deux prochaines années. C’est le député fédéral Jean-Yves Duclos qui en a fait l’annonce dans notre émission matinale Québec, réveille! Les fonds proviennent du Programme national d'alimentation scolaire du gouvernement fédéral.

Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3

Alors que l’insécurité alimentaire gagne du terrain partout au Canada, l’organisme de Québec espérait bénéficier de ces précieuses sommes, et ce, depuis plusieurs mois.

« On a réussi à tirer notre épingle du jeu », se réjouit le directeur du Pignon Bleu, Jonathan Cloutier.

Celui qui est entré en poste cette année a rapidement constaté la montée des besoins sur le terrain.

« On voit que l’insécurité alimentaire est en croissance, explique-t-il. Un enfant sur quatre ne mange pas à sa faim dans les écoles selon les statistiques canadiennes. On le voit vraiment sur le terrain, parfois c’est plus que ça », constate le directeur.

Grâce à ces montants, le Pignon Bleu prévoit continuer sa mission, soit celle de nourrir des enfants et des familles vivant dans les quartiers Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou. Leur objectif est aussi d’offrir des collations directement dans les écoles.

« Ce que ça va représenter, c’est d’aller chercher plus d’écoles, plus de ressources », précise Jonathan Cloutier. Le Pignon Bleu sert actuellement près de 10 000 collations dans les écoles de Québec. Depuis la construction de leur nouvelle cuisine sur la rue Xi’an, dans Saint-Roch, l’organisme espère maintenant pouvoir servir jusqu’à 25 000 collations par jour.

« On était séparés dans différents plateaux de travail dans la Ville de Québec. On a voulu rassembler tout ça ici pour aller chercher cette croissance-là », rappelle le directeur.

Il se désole cependant de devoir quotidiennement refuser des personnes dans le besoin, par manque de ressources :

Il précise aussi que les organismes comme le Pignon Bleu fournissent des collations aux écoles publiques selon leurs indices de défavorisation fixés par le gouvernement du Québec. En 2024-2025, 194 écoles secondaires étaient notamment classées comme défavorisées (rang décile 8, 9 et 10). Les indicateurs sont utilisés pour répartir les ressources financières entre les centres de services scolaires et les commissions scolaires.

Le gouvernement a cependant mis à jour sa façon de classer les écoles, ce qui fait chuter certains établissements ou en fait monter d’autres dans le classement. Ce jeu de chaises fait en sorte que certaines écoles n’ont plus ce statut de défavorisation qui leur permet de collaborer avec un organisme comme le Pignon Bleu.

Ce que Jonathan Cloutier constate, c’est que le classement ne s’aligne pas toujours avec les réalités du terrain.


Du gros pour un organisme local, selon Jean-Yves Duclos

Le Programme national d’alimentation scolaire a été lancé en 2024 et est doté d’une enveloppe d’un milliard de dollars sur cinq ans. Après plusieurs mois, Québec a mis la main sur 65 millions de dollars sur trois ans. Depuis le début de l’année, le gouvernement provincial procède donc finalement à la distribution des subventions.

« C’est bien d’avoir des infrastructures, mais ça prend aussi des fonds pour acheter la nourriture et payer les employés », rappelle le député fédéral de Québec-Centre, Jean-Yves Duclos.

Le député souligne le travail et l’énergie déployés par l’organisme pour aller décrocher cette contribution.

« Ils étaient avec le Club des petits-déjeuners et de gros organismes, qui font du très bon travail aussi, mais à l’échelle provinciale et nationale. Eux, le Pignon Bleu, c’est une organisation exclusivement locale », ajoute-t-il au micro de CKIA 88,3.

« Ils n’ont pas de gros moyens, ils n’ont pas de gros réseaux de lobbyistes, mais ils sont allés chercher une très belle part de ce nouveau financement du gouvernement canadien », se réjouit-il.

L’organisme le Pignon Bleu, comme plusieurs autres au Québec, rêve aussi d’un programme alimentaire au niveau de la province.

 
 

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