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Affaires publiques

C’était aujourd’hui le point culminant du mouvement de grève historique « Le communautaire à boutte ». Des autobus provenant des quatre coins de la province affluaient vers la colline Parlementaire. Plus de 1 900 organismes et près de 10 000 personnes se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale pour rappeler au gouvernement les besoins criants du milieu communautaire.

Julie-Anne Perreault

CKIA 88,3 - IJL

« On ne va pas lâcher », s’exclame Marie-Ève Bouchard, représentante de la cellule de la Capitale-Nationale pour le mouvement. Selon elle, le manque d’action du gouvernement Legault a accentué la colère du milieu communautaire, qui « tient la société à bout de bras ».

Au cours des dernières semaines, l’ensemble des milieux communautaires ont multiplié les actions de visibilité un peu partout au Québec afin de se faire entendre. Selon la représentante, les organismes ont fait preuve d’une grande créativité. « Il faut que ça change », ajoute-t-elle.

Lors de la manifestation devant l’Assemblée nationale, on retrouvait des groupes issus de tous les secteurs : itinérance, pauvreté, défense des droits, logement, environnement et bien plus encore.

                « Le communautaire a décidé de changer de posture ! On est passé de à genoux à debout. On se tient debout devant le gouvernement. »

                   Marie-Ève Bouchard, représentante de la cellule de la Capitale-Nationale pour « Le communautaire à boutte »

Selon elle, la mobilisation majeure à laquelle on assiste aujourd’hui s’explique par le fait que le discours a trouvé écho chez l’ensemble des acteurs du milieu communautaire. « Des organisations ont continué de se greffer en cours de route », explique Marie-Ève Bouchard.

« On a senti la mobilisation grimper, puis la colère aussi », ajoute-t-elle.

Pour Mathieu Gélinas, co-porte-parole national du mouvement, il n’y a pas de gains concrets jusqu’à présent. Malgré les 13 jours de grève, le mouvement de l’action communautaire autonome et « Le communautaire à boutte » exigent désormais la démission de la ministre responsable de l’Action sociale et communautaire, Chantal Rouleau.

« On n’en veut plus de l’épuisement professionnel, les besoins sont criants », lance le porte-parole devant la foule de manifestants. « On a besoin de quelqu’un qui comprend le communautaire », ajoute-t-il.

Mathieu Gélinas fait partie des débuts de « Le communautaire à boutte ». Le mouvement est né à Mékinac, en Mauricie, avant de se déployer à l’ensemble du Québec.



Dans les dernières semaines, le milieu a accentué ses pressions sur le gouvernement ainsi que sa présence médiatique. Une équipe du communautaire a d’ailleurs pris la parole lors d’un point de presse du député de Taschereau, Étienne Grandmont, à l’Assemblée nationale.

        « On a bâti cette force-là. Une force que le communautaire n’a jamais eue. C’est un beau message de solidarité. Après le 2, ça va continuer. »

        Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement « Le communautaire à boutte »

Il rappelle, encore une fois, les conditions de travail difficiles dans le milieu communautaire : manque de personnel, financement par projet, besoins en constante augmentation, etc. Selon lui, le gouvernement n’a pas été capable de maintenir des salaires adéquats et a « abusé du caractère de vocation » du communautaire.

Le mouvement estime avoir besoin de 2,6 milliards de dollars pour maintenir les services actuels et offrir de bonnes conditions de travail aux employés, qui sont majoritairement des femmes.

Sans donner plus de détails, le porte-parole n’écarte pas la possibilité d’une grève générale illimitée si les discussions n’avancent pas. Il rappelle que le regroupement demande une table de négociation rapide avec le gouvernement, un financement direct à la mission ainsi qu’une meilleure reconnaissance de l’expertise du milieu communautaire. Le regroupement attend tout de même, de pied ferme, le prochain ou la prochaine première ministre.

« On va être galvanisés. Je ne sais pas jusqu’où on est prêts à aller, mais on va aller loin », ajoute le co-porte-parole du mouvement.


« Ça déborde en région »

Lors de la manifestation d’aujourd’hui, on retrouvait des travailleurs et travailleuses du communautaire provenant des quatre coins du Québec : Mauricie, Estrie, Beauce, Laurentides et bien d’autres régions.

Pour Lucie Carré, directrice générale de L’Éveil, un organisme communautaire situé dans Charlevoix, les besoins ont explosé au cours des dernières années.

« Dernièrement, c’est sûr qu’on a commencé à voir de plus en plus d’itinérance, même chez nous à La Malbaie », explique-t-elle. Elle souligne que la situation observée dans les grands centres, notamment à Québec avec Lauberivière, finit inévitablement par se répercuter en région.

Pour illustrer le manque de prévisibilité financière auquel le milieu doit faire face, la directrice générale évoque l’exemple d’un projet de service en itinérance, constamment menacé par l’incertitude du financement.



        « Ce n’est pas normal que ce soit nous, le communautaire, qui tenions tout à bout de bras comme ça. »

        Lucie Carré, directrice générale de L’Éveil


Celle qui œuvre depuis plus de dix ans dans divers organismes communautaires reproche principalement au gouvernement de « ne pas les écouter ». Selon elle, les ministres réagissent davantage à l’actualité qu’aux réalités du terrain.

« J’espère qu’on va être entendus, j’espère qu’on va changer de ministre », ajoute-t-elle.

Après cette journée de mobilisation d’envergure, le mouvement « Le communautaire à boutte » affirme avoir franchi une étape importante dans son rapport de force avec le gouvernement. Reste maintenant à voir si cette démonstration se traduira par des avancées concrètes. À court terme, les regards se tournent vers la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec. Une quatrième phase du mouvement est déjà envisagé par les organisateurs. 

 
 

Émiss
ions

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