Le festival qui anime l’espace collectif Le Racoin dans le quartier Saint-Sauveur depuis maintenant 7 ans craint d’en être à sa dernière édition. Encore cette année, l’événement propose une programmation musicale variée sur 3 jours, un marché des artisans et des after-partys chez des commerçants du quartier. Ne soyez pas surpris, à votre arrivée sur les lieux cette année, si on vous propose de signer une pétition en appui au Festitook.
Julie-Anne Perreault
CKIA 88,3 - IJL
Alors que l’équipe s’affaire à préparer le début de l’événement, un soupçon d’inquiétude flotte dans l’air. Du 17 au 20 septembre, les gens pourront profiter du Festitook, qui fera résonner de la musique folk-sale, blues, ragtime, punk et bien plus dans la ruelle festive du quartier Saint-Sauveur. L’organisation craint cependant que l’événement en soit à sa dernière édition.
Selon son directeur, Maxime Leblanc, l’équipe du Festitook a vécu une grosse année de hauts et de bas. Les communications avec la Ville de Québec ont aussi été un défi dans les dernières années.
« On a l’impression, étant donné qu’on est un organisme citoyen, qu’on se fait tout le temps donner le permis à la dernière minute. On ne sait jamais si on va réussir à faire le festival », déplore le fondateur. « Cette année, on a eu notre permis moins de trois semaines avant l’événement », ajoute-t-il.
Il craint que l’année prochaine, la Ville de Québec prenne la décision de ne pas renouveler leur permis. Même l’alliance avec le Comité citoyen du quartier Saint-Sauveur, pour éventuellement devenir un organisme à but non lucratif, pourrait être compromise.
Le directeur admet d’ailleurs avoir adapté sa programmation et ses heures de spectacles à la demande de l’administration municipale.
« Ce qui est vraiment triste, c’est que je vois d’autres événements à côté de nous qui, eux, ont l’autorisation de finir à 23 h. Nous, on nous a fait accepter des heures réduites soudainement, sans aucune compensation. »
L’événement non subventionné, qui vit sur les contributions volontaires, présente donc deux spectacles en moins à sa programmation. Cela représente un montant important pour l’organisation, mais aussi pour les artistes qui y participent.
« Plusieurs tuiles nous tombent sur la tête », se désole le directeur.
Par mesure de sécurité, il explique également avoir pris la décision de miser sur l’autofinancement plutôt que de compter sur des subventions de la Ville de Québec.
2 000 sourires par jours
Maxime Leblanc tient aussi à rappeler ce qui rend l’événement aussi unique. Le Festitook se veut un rassemblement d’humain à humain. C’est, selon lui, un endroit où on retrouve des personnes et des artistes marginalisés ou racisés, qui portent fièrement leur chandail à l’effigie de l’événement et qui « trouvent une raison de continuer à rêver au prochain Festitook ».
À savoir si des plaintes pourraient être à l’origine des enjeux de permis, l’organisation dit vouloir collaborer au maximum avec le voisinage et ouvrir le dialogue. Le directeur rappelle que beaucoup de commentaires sont positifs du côté des commerçants.
« On voit que ça fait rouler les commerces : le dépanneur, ça roule en fou; le café Tintico, elle m’a dit qu’elle fermait à 15 h parce qu’elle n’a plus de stock. Même de l’autre côté de Charest, il y a de belles retombées économiques », ajoute Maxime Leblanc.
Il rappelle aussi que le Festitook rallie des artistes de partout, notamment de la Nouvelle-Orléans, et souhaite que cette diversité puisse continuer à faire partie de l’identité du festival.
« On va essayer de se donner un levier politique », affirme le directeur, alors que l’équipe invite les citoyens à signer la pétition pour appuyer la tenue des prochaines éditions.
Pour consulter la programmation complète, rendez-vous sur la page de l’événement.
L’équipe de CKIA 88,3 est en attente des explications de la Ville de Québec.
