Étienne Grandmont, député de Taschereau, a tiré la sonnette d’alarme, hier, quant au sort de l’Hôtel-Dieu de Québec. Il craint que ce secteur devienne une « coquille vide », alors que la majorité des services de santé seront éventuellement transférés à l’Enfant-Jésus. Devant le silence radio de Santé Québec, il demande que les services soient maintenus dans le quartier historique.
En point de presse devant l’Hôtel-Dieu de Québec, l’élu, le conseil de quartier et le comité citoyen du Vieux-Québec ont fait part de leur inquiétude quant à l’avenir des services de proximité dans le quartier, qui a déjà perdu une pharmacie et une épicerie. Ils dénoncent également la suspension d’un comité qui permettrait aux citoyens de s’exprimer sur le sujet.
« Les habitants du Vieux-Québec ont déjà accès à trop peu de services de proximité. Il serait inacceptable qu’ils perdent également l’accès au réseau de la santé », affirme Étienne Grandmont, député de Taschereau.
Selon eux, la communication s’est détériorée lors du transfert des responsabilités de l’hôpital vers Santé Québec. « Les travaux du nouveau CHU de Québec avancent très rapidement et Santé Québec reste opaque sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu. C’est inacceptable pour les usagères et usagers. »
Pour Michel Massé, président du comité des citoyens du Vieux-Québec, la présence de l’hôpital est nécessaire pour la vitalité et la santé du quartier.
« Un éloignement des services de santé pour les citoyens des quartiers centraux aura un effet négatif sur les efforts de la Ville pour attirer de nouveaux résidents », affirme Michel Massé, président du comité des citoyens du Vieux-Québec.
Des millions de touristes
De son côté, Jocelyn Gilbert, président du conseil de quartier Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline Parlementaire, rappelle la quantité de touristes qui se déplacent annuellement dans le quartier.
« Le Vieux-Québec, malgré ses milliers de travailleurs quotidiens et ses 4,5 millions de touristes par année, fait face à un immense défi en matière de services de proximité », ajoute le président.
Pour lui, l’accès aux soins est fondamental, notamment les services d’urgence, pour assurer la sécurité des résidents et des visiteurs.
Les représentants du quartier ont également rappelé le caractère historique du bâtiment. Fondé par les Augustines en 1637, l’Hôtel-Dieu a été le premier hôpital en Amérique du Nord.
Il s’inscrit comme « un élément fondamental de l’identité du Vieux-Québec, reconnu comme ville patrimoniale par l’UNESCO », ajoute Michel Massé.
Vers un « méga-hôpital »
En août dernier, on apprenait que le nouveau complexe hospitalier (NCH), sur le site de l’Enfant-Jésus, allait nécessiter des investissements de 2,6 G$. Les coûts ont grimpé de plus de 418 M$.
Le chantier a été lancé en 2017 et sa livraison est prévue pour 2031. Il est question d’un projet de centre « ultra-moderne » qui regrouperait les activités de l’Hôtel-Dieu de Québec et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus sur un même site. Il deviendra une référence pour plusieurs spécialités, telles que la néphrologie, la neurologie, la traumatologie, l’oncologie et les grands brûlés.
On mentionne également que la superficie des nouvelles constructions sera de près de 175 000 m², soit l’équivalent d’environ 40 terrains de football.
Un autre chantier inquiète
En plus de ces changements majeurs dans les centres hospitaliers de la Capitale-Nationale, le déploiement du Dossier santé numérique à l’échelle de la province inquiète toujours.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a donné le feu vert au Dossier santé numérique (DSN), mais elle ne veut pas que le dossier devienne un deuxième SAAQclic.
Dans une vidéo publiée sur ses médias sociaux hier, Mme Fréchette rappelle qu’il s’agit « d’une transformation majeure de notre façon de faire » et affirme avoir « demandé de la transparence » à Santé Québec.
Le déploiement du DSN dans les installations du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec ira de l’avant le 9 mai prochain. Même chose pour celles du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Le coût des premiers projets pilotes se chiffre à 402 millions de dollars et pourrait atteindre jusqu’à 3 milliards de dollars pour l’ensemble du Québec.
