Face à la hausse des loyers et à la crise du marché immobilier, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de faciliter l’accès des organismes communautaires à des locaux abordables, adaptés et durables partout au Québec. Au total, 60 M$ seront mis à la disposition des organismes communautaires. De cette somme, 20 M$ proviennent du gouvernement.
Julie-Anne Perreault
CKIA 88,3 - IJL
Jusqu’ici limitée au Grand Montréal, l’Initiative immobilière communautaire sera désormais étendue à l’ensemble de la province. Depuis sa création en 2021, le fonds a permis à une soixantaine d’organismes de rénover leurs espaces, d’améliorer leurs conditions d’occupation ou encore d’accéder à la propriété. Le gouvernement investit 9,3 M$ dans le fonds, portant son enveloppe totale à 50 M$.
La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire ainsi que ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, en a fait l’annonce hier matin aux côtés des partenaires privés et philanthropiques de l’initiative.
« Avec cet investissement majeur, notre gouvernement leur donne les moyens de se développer dans des espaces adaptés, abordables et durables afin qu’ils puissent continuer d’offrir des services de proximité partout au Québec », indique la ministre.
L’Initiative immobilière communautaire permet aux organismes de bénéficier de trois leviers financiers complémentaires, dont un prêt d’accompagnement visant à structurer les projets. Le programme propose également un fonds d’acquisition sociale pour faciliter l’achat d’un immeuble ou d’un terrain, ainsi qu’un fonds d’investissement destiné à soutenir la construction ou la rénovation à long terme.
Depuis sa création, 20 prêts ont été autorisés, 17 projets ont été soutenus et près de 60 organismes ont obtenu de meilleures conditions de logement.
Le succès du 1745
Présente lors de l’annonce, Catherine Franzidif, coordonnatrice du Collectif 1745, est venue partager son expérience avec le programme. Selon elle, leur « beau projet communautaire » n’aurait jamais vu le jour sans l’Initiative immobilière communautaire.
Le Collectif tire son nom de l’histoire des organismes qui ont sauvé le 1745, rue Décarie, un centre communautaire situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal.
La coordonnatrice raconte qu’en 2021, leur immeuble a été mis en vente. Dans un contexte de pandémie, elle rappelle que leurs partenaires « étaient épuisés » et que, malgré leur motivation, ils ne disposaient pas de « leviers financiers ».
« Ce centre-là faisait partie du cœur névralgique et du patrimoine communautaire du quartier », témoigne-t-elle.
Plus tard, les organismes apprennent l’existence du programme et y adhèrent.
Aujourd’hui, les organismes sont tous réunis sous un même toit.
« Au cœur d’un secteur défavorisé, on a des espaces pour les organismes communautaires, on a un CPE pour les tout-petits et leurs familles afin de favoriser leur développement », raconte-t-elle.
Le centre comprend également un gymnase communautaire où les jeunes peuvent jouer au basketball ou au soccer, ainsi qu’une cuisine communautaire qui soutient des initiatives en sécurité alimentaire.
« C’est un lieu vivant, ancré dans son milieu, qui répond à des besoins réels », ajoute-t-elle.
« Si on combine mobilisation locale et outils financiers adaptés, les communautés peuvent reprendre le contrôle de leurs immeubles et de leur patrimoine communautaire. » — Catherine Franzidif, coordonnatrice du Collectif 1745

Est-ce qu’on pourrait en bénéficier à Québec?
L’histoire du 1745 a également inspiré d’autres acteurs communautaires de Québec présents lors de la rencontre. Marlène Gagnon, directrice de Popote Multiservices, située dans La Haute-Saint-Charles, se réjouit de l’annonce.
Pour la popote, bien que l’enjeu ne soit pas de perdre ses locaux, la situation demeure problématique. Situé dans une résidence pour personnes âgées, l’espace est maintenant trop petit pour accueillir suffisamment de bénévoles et répondre aux besoins croissants de la population du quartier.
« Ce n’est plus viable », affirme la directrice.
La popote fait également partie d’un regroupement d’organismes de La Haute-Saint-Charles. Selon elle, 11 organismes du secteur sont à la recherche de locaux adaptés à leurs besoins.
Nommé La Pieuvre, le collectif a pour objectif de poser des actions concrètes et durables afin d’appuyer les organismes du secteur, qui couvre Saint-Émile, Val-Bélair, Lac-Saint-Charles, Des Châtels, Loretteville, Neufchâtel-Est et Wendake.
« Pour nous, c’est une belle annonce », rappelle la directrice.
L’appui annoncé par le gouvernement du Québec s’inscrit dans le Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire 2022-2027.
