Aller à la navigation.

Actualité

Affaires publiques

En décembre dernier, les travailleurs syndiqués du Centre femmes aux 3A, dans Limoilou dénonçaient un climat de travail toxique au sein de l’organisme, spécialisé dans l’accompagnement de femmes ayant des démêlées avec la justice. Dans la foulée des dénonciations, des membres de l’équipe ont été suspendues. Depuis, les intervenantes toujours en poste essaient tant bien que mal de maintenir un minimum de services auprès des femmes, qui ont besoin de cet accompagnement.

Julie-Anne Perreault

CKIA – IJL

« Normalement on est sept intervenantes à temps plein, maintenant, on est quatre à devoir pallier pour assurer les services », lance Megan Gauthier, intervenante psychosociale au Centre femme aux 3A, depuis plus de trois ans.

Le Centre, qui souligne son 40ème anniversaire cette année, offre à ses usagères de nombreux services : milieu de vie, rendez-vous, ateliers de groupe, suivis individuels, vestiaire communautaire et service alimentaire. Les employées ont su réorganiser les tâches pour maintenir au minimum le service alimentaire, mais les autres services ont été coupés.

Selon les employées, c’est le milieu de vie, un espace « chaleureux » qui permettait aux femmes de venir quand elles veulent, qui « écope » le plus.



« C’est 32 heures de milieu de vie qu’on n’offre plus. On est plus assez d’intervenantes pour assurer un ratio sécuritaire pour les intervenantes, mais aussi pour les femmes qui fréquentent le milieu », explique Marion Perreault, intervenante psychosociale et trésorière au syndicat.


Le Centre 3A est un organisme qui aide les femmes judiciarisées, mais qui intervient aussi dans d’autres sphères, telles que la prévention, la consommation, la gestion des émotions. En revanche, selon les employées, plusieurs services ont été interrompus « en cours de route «. De sorte que, du jour au lendemain, des femmes ont perdu leur suivi individuel « sans aucune explication ». Certains groupes de discussion ont également été annulés.


« On s’acharne à créer des liens de confiance avec nos femmes » ajoute Marion. « On était comme un pilier, elles pouvaient compter sur nous et dur jour au lendemain, on n’est plus là, et on n’a pas de raison à leur donner. »



Pour les impacts à long terme sur le Centre, les intervenantes identifient plusieurs enjeux potentiels. Entre la surcharge engendrée par la suspension de leurs collègues, la situation pourrait entraîner des pertes de partenariat et de financements :



                            « Pour moi, c’est la pérennité de l’organisme qui est en danger. »

                            Marion Perreault, intervenante psychosociale au Centre femme 3A et trésorière au syndicat


Le conflit de travail qui a tout changé

C’est l’arrivée d’une nouvelle gestionnaire qui aurait fait changer le climat au sein de l’équipe il y a plus d’un an. À l’automne dernier, les employés ont finalement pris la décision de se syndiquer pour s’assurer « d’une certaine sécurité d’emploi ». Dans les derniers mois précédant le mouvement syndical, les intervenantes disent avoir remarqué une montée des sanctions dirigée envers l’équipe.

Depuis novembre, le syndicat a fait plusieurs prises de parole après des médias et du CA et demande la réintégration des employés suspendues.

Le sort du Centre Femme 3A sera déterminé par le conseil d’administration.

Photos : Les employés du Centre Femme aux 3A de Québec lors d’une action de visibilité en décembre dernier. Source : Facebook / Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches – CSN.

 
 

Émiss
ions

Revenir au début.