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Actualité

Affaires publiques

Un nouveau projet se prépare dans le quartier Saint-Sauveur. Sam Rochette travaille depuis déjà quelques années à la création d’une coopérative d’habitation queer, qui vise à offrir un milieu de vie axé sur l’implication sociale et l’entraide. Par et pour la communauté LGBTQSIA+ de Québec, l’établissement se voudrait aussi un environnement accueillant, inclusif et sécuritaire.

Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3 


Déjà en 2018, des membres fondateur·rices de la Coop Lavande avaient en tête de mettre en place une coopérative d’habitation pour la communauté. C’est toutefois la réélection du président américain, Donald Trump, qui a été un élément déclencheur.

« Dans ce moment de désespoir, j’avais envie de faire quelque chose pour la communauté », raconte Sam Rochette, président·e du conseil d’administration de la Coop Lavande.

« Avec la montée de l’extrême droite, du fascisme, de l’homophobie, de la transphobie et de la queerphobie, le besoin se faisait sentir », ajoute la personne qui agit aussi à titre de membre fondateur·trice du projet.

Ça fait déjà un an que l’équipe entreprend des démarches sérieuses pour faire avancer ce projet d’habitation. Les membres visent un bâtiment comptant de 40 à 60 logements de différentes tailles, pouvant accueillir des personnes seules, des familles ou des gens en situation de handicap.

Un espace tiers au rez-de-chaussée, s'inspirant du concept des « tiers-lieux », est également prévu. Ce sont des lieux qui ne sont ni la maison ni le travail, mais qui favorisent les rencontres et la vie communautaire, où les gens peuvent se rencontrer et échanger.

« Là où les gens vont pouvoir simplement exister, gratuitement, sans attente et sans pression », ajoute Sam Rochette.

Une cuisine communautaire, un café queer ou une salle communautaire sont cités comme exemples par l’organisation.



Photo : Les valeurs de la future coopérative d'habitation. Crédit : Facebook/Coop Lavande


La réalité des personnes queer

En plus de proposer un filet de sécurité précieux, la Coop Lavande vise également à répondre à d’autres enjeux qui touchent la communauté, souvent marginalisée.

Au-delà de la crise du logement, les personnes queer éprouvent davantage de difficultés à se loger, selon Sam Rochette.



« Parfois, les personnes queer ont plus de difficulté à garder un emploi ou à en trouver un », ajoute Sam, en précisant que tous les membres du conseil d’administration ont vécu des situations semblables par le passé.

Sous les valeurs de la sollicitude communautaire, de l’inclusivité et de la justice environnementale, la Coop ne sera pas un lieu réservé exclusivement aux personnes queer.



Maintenant que le conseil d'administration est constitué, que le modèle et le nom de la coopérative sont définis, le projet en est maintenant à l’étape de l’élaboration des plans et des études de marché.


Des commentaires haineux 

Lors d’un rassemblement des groupes membres du FRAPRU organisé pour dénoncer l’inclusion de logements « abordables intermédiaires » imposée par la SHQ, l’équipe de la Coop Lavande a pris la parole devant le public.

Une courte vidéo publiée sur les médias sociaux de l’organisation a suscité beaucoup de commentaires, pour la plupart haineux. La Coop a depuis fermé sa section des commentaires.

« Il y a tellement de drôles de conceptions, comme quoi c’est une maladie mentale ou qu’on veut simplement voler l’argent des gens », ajoute Sam Rochette, en précisant que tout le monde dans une coopérative paie son loyer, tout en étant collectivement propriétaire du bâtiment.

Sam Rochette constate que le public démontre généralement une belle ouverture d’esprit à l’égard du projet.

« Les commentaires haineux, ça fesse fort », avoue cependant Sam.



En lien avec les nombreux défis qu'implique actuellement la mise en place d’une coopérative d’habitation au Québec, l’équipe cite certaines décisions récentes du gouvernement qui rendent le processus plus complexe.

Pour y parvenir, l’équipe compte sur l’aide de précieux alliés, tels que le Comité citoyen du quartier Saint-Sauveur, Marie-Hélène Deshaies et le Triangle Rose.

« On crée notre projet en même temps que notre réputation », ajoutent des membres du conseil d’administration.

 
 

Émiss
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