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Affaires publiques


Un grand rassemblement était organisé aujourd'hui au parc de la Pointe-aux-Lièvres pour souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Un jour qui rend hommage aux survivants des pensionnats autochtones, aux familles et aux enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux. L'événement, une initiative du Centre d'amitié autochtone de Québec et du Centre MAMUK, a été marqué par des échanges et des témoignages touchants. 


Julie-Anne Perreault 

CKIA 88,3 FM - IJL


De nombreux participants ont pris part à ce rassemblement pour commémorer les enfants disparus et les survivants de ce triste chapitre de notre histoire. Une grande panoplie de témoignages était offerte par des membres de la communauté ; des survivants, des familles, des jeunes et des moins jeunes ont partagé des récits bouleversants et chargés d'émotion.


Les expériences racontées étaient bien différentes les unes des autres, mais elles partageaient un thème récurrent : la résilience. Plusieurs ont témoigné de la douleur ressentie et des séquelles intergénérationnelles vécues par leur famille et eux-mêmes. 


« Pour moi, c'est sûr qu'avant tout, c'est une journée pour se rappeler des personnes qui ont été dans les pensionnats. Moi, mes grands-parents y ont été », lance Amina Bellefleur-Blackburn, technicienne en travail social au programme jeunesse du Centre d'amitié autochtone de Québec depuis près de quatre ans. 



Photo : Amina Bellefleur-Blackburn au rassemblement organisé par le Centre d'amitié autochtone de Québec et du Centre MAMUK, crédits : Julie-Anne Perreault. 


Son grand-père vient de la communauté de La Romaine, Unamen Shipu, située sur la Basse-Côte-Nord. Sa grand-mère est originaire de Maliotenam, une réserve autochtone innue, également située sur la Côte-Nord.


« Il [mon grand-père] vivait dans le bois et l'église est vraiment venue le chercher dans la communauté pour l'amener à l'école, ça a vraiment été difficile d'avoir cette séparation«, raconte la jeune femme. » 


« C'est de prendre le temps de voir les impacts que ça a eu dans nos communautés. Parce qu'il y en a eu beaucoup », ajoute Amina. 



Sensibiliser les gens 


Pour la technicienne en travail social, la réconciliation doit aussi passer par la sensibilisation et l'information. Depuis de nombreuses années, elle offre des conférences qui portent sur les traditions et les savoir-faire des Premières Nations. 


Lors de ces ateliers, elle dit recevoir beaucoup de questions sur sa culture. Selon elle, la plus commune est : « Comment est-ce que c'est de vivre dans une maison en milieu urbain? »


« On s'entend que dans les communautés, on vit dans les maisons, on s'habille comme tout le monde » , raconte Amina, en souriant. 

« C'est dans ces moments-là qu'on réalise que les Inuits et les Premières Nations sont très peu connus », ajoute-t-elle. 



La femme de 23 ans croit que même si le 30 septembre est une journée dans laquelle on prend le temps de commémorer les personnes qui ont fréquenté les pensionnats, c'est un « travail » qui doit s'effectuer à tous les jours. 



«Trop Innu pour être blanc et trop blanc pour être Innu »


Parmi les thèmes récurrents de la rencontre d’aujourd’hui, on retrouve celui de l’identité, ou plutôt, de la crise identitaire. Certains participants racontent avoir inconsciemment mis leurs origines de côté, en raison de blessures, de traumatismes ou de contextes familiaux difficiles. Pour d’autres, notamment certains participants métis qui ont partagé leur vécu, trouver leur place entre ces deux cultures peut s’avérer difficile. 


Née d'un père autochtone et d'une mère innu, Amina connaît ce sentiment. 



« Dans ma communauté, je ne me sentais pas nécessairement acceptée, puis à Québec non plus », raconte la jeune femme, qui a déménagé en ville il y a plus de dix ans. 


Comme d'autres, c'est en se retrouvant au Centre d'amitié autochtone qu'elle a pu se réconcilier un peu plus avec son identité. Elle y a rejoint une communauté urbaine formée de gens issus des Premières Nations. 


« C'est à partir de ce moment-là que j'ai recommencé à me réconcilier avec la culture et la spiritualité autochtones parce qu'avant, ça ne faisait pas partie de moi et j'essayais plus de le renier ou de le cacher », ajoute Amina. 


Aujourd'hui, elle peut même faire des interventions en langue inus, un atout qui est fort apprécié dans la communauté, particulièrement pour quelqu'un de son âge. Le Centre d'amitié autochtone offre d'ailleurs une grande variété de services à la communauté, allant de la garderie aux programmes alimentaires en passant par des services pour les aînés et les jeunes familles. 


Les enjeux autochtones s’invitent dans la campagne


Alors que le Québec est à moins d'une semaine du scrutin, certains partis politiques en ont profité pour dévoiler leur plateforme électorale en lien avec les Premières Nations ou pour rappeler leurs engagements. 


Étienne Grandmont, député sortant de la circonscription de Taschereau pour Québec Solidaire, prenait part au rassemblement d'aujourd'hui. 


« Je pense que la chose la plus fondamentale, c'est de considérer que les Premières Nations et les Innus sont des peuples à part entière qui occupent le même territoire que la nation québécoise et qu'on a à cohabiter et à co-dessiner le futur de ce territoire ensemble », avance le solidaire. 


Le candidat rappelle que le projet d’indépendance de QS repose sur une démarche de collaboration avec les Premiers Peuples.

 
 

Émiss
ions

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