La Table citoyenne Littoral-Est et le Bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL) ont interpellé hier le maire de Québec, Bruno Marchand, et le conseiller municipal de Limoilou, Raymond Poirier, au sujet de la fermeture de la RPA des Berges, qui a forcé une centaine de personnes à quitter le quartier.
Julie-Anne Perreault — CKIA 88,3
« La crise du logement place les personnes aînées dans une situation de vulnérabilité considérable. Être évincé de son logement a des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique », lance Azélie Rocray, coordonnatrice de la Table citoyenne Littoral-Est.
Réunis devant la RPA des Berges jeudi midi, les organismes et les résidents ont lancé un cri du cœur aux élus de Québec.
« L’éviction affecte le sentiment de sécurité et peut accroître l’isolement social et la précarité économique », ajoute la porte-parole.
En avril dernier, les locataires de la résidence apprenaient la fermeture imminente de leur milieu de vie. Certains d’entre eux y résidaient d’ailleurs depuis plus d’une décennie. Ils ont tous été dans l’obligation de déménager au cours des derniers mois. Des organismes qui souhaitent informer les résidents de leurs droits rapportent également s’être vu refuser l’accès au bâtiment.
Le conseiller municipal de Limoilou, Raymond Poirier, a d’ailleurs réagi à l’annonce sur ses médias sociaux.
« Comme tout le monde, j’ai appris la fermeture de la RPA Le Long des Berges dans les médias — et comme plusieurs, la suite des choses pour ses résidentes et résidents m’a préoccupé. Un déménagement imprévu n’est jamais facile, encore moins à un âge avancé ou lorsqu’on a des enjeux de santé », peut-on lire sur la page Facebook de l’élu.
Le conseiller ajoute qu’une réflexion devra s’imposer concernant la viabilité du « modèle ».
« Mes collègues et moi nous sommes rapidement mis à la disposition des parties impliquées dans le dossier — propriétaires, réseau de la santé, organismes — afin de participer à la recherche de solutions. Les rencontres et discussions se sont multipliées, sans succès. Comme pour plusieurs petites RPA, le repreneuriat et le développement rapide de projets alternatifs sont des défis souvent insurmontables, que ce soit sur le plan financier ou réglementaire. »
— Raymond Poirier, conseiller municipal de Limoilou à la Ville de Québec
Des chiffres qui en disent long
Selon l’enquête nationale menée par l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP), au moins 51 résidences ont fermé leurs portes au Québec en 2025 ou ont été converties en ressources intermédiaires.
Pour la Table citoyenne Littoral-Est, ces fermetures courantes plongent des centaines de locataires aînés dans l’incertitude. La Capitale-Nationale serait aussi l’une des régions les plus touchées par ce phénomène, avec 127 personnes âgées ayant perdu leur foyer en 2025.
« Malheureusement, force est de constater que la Ville se démarque surtout par son inaction pour protéger les personnes aînées. Quels gestes nos élu-es ont-ils posés, concrètement, pour empêcher le déracinement des locataires de la résidence Le Long des Berges? Il est grand temps que les élu-es de la Ville prennent leurs responsabilités et proposent des solutions structurantes pour stopper l’éviction des locataires aînés », conclut Azélie Rocray.
