Affaires publiques
Le Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale (RGF-CN) organisait aujourd’hui une grande chaîne humaine pour dénoncer les féminicides et demander un plan d’urgence au gouvernement. Près d’une centaine de personnes ont répondu présentes malgré la pluie.
Julie-Anne Perreault
CKIA 88,3
« Quand il y a eu 10 féminicides, on s’est dit que ça suffisait », lance Nancy Beauseigle, co-coordonnatrice du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale. « On veut sonner l’alarme pour que les gouvernements passent à l’action », soutient la porte-parole.
Elle rappelle que le contexte est particulier. La session parlementaire est très courte et les élections provinciales arrivent à grands pas.
Même s’il salue l’arrivée de la loi Gabie-Renaud, le regroupement croit que le gouvernement peut en faire davantage. Cette loi permettrait aux femmes de vérifier les antécédents judiciaires de leur partenaire.
« On invite tous les partis politiques à mettre la violence conjugale, les violences faites aux femmes et la crise des féminicides dans leur plateforme électorale », précise Nancy Beauseigle.
Une longue chaîne humaine a été déployée par le regroupement et ses alliées. L’action symbolique commençait au coin de la rue Saint-Jean et de l’avenue Honoré-Mercier et s’étendait jusqu’au Parlement.
Selon la porte-parole, le regroupement voulait illustrer « le ras-le-bol face à toutes ces violences » faites envers les femmes.
Des places en maison d’hébergement toujours réclamées
« Est-il acceptable que 50 % des femmes ne puissent obtenir une place en maison d’hébergement lorsqu’elles veulent quitter d’urgence un conjoint violent et se mettre en sécurité ? », affirme Nathalie Brisseau, de la Maison des femmes immigrantes de Québec.
La porte-parole rappelle également plusieurs enjeux qui constituent des obstacles majeurs pour les femmes en situation de violence conjugale. « Le manque de places en maison d’hébergement, de soutien financier d’urgence, le fait de dépendre d’un conjoint pour son statut d’immigration, ainsi que le manque de logements sociaux et d’hébergement adapté rendent les femmes encore plus vulnérables. »
Le regroupement rappelle que malgré les luttes menées depuis des décennies, les violences faites aux femmes augmentent, tout comme les discours masculinistes, de droite et d’extrême droite.
 
 
