Le solidaire Étienne Grandmont est réélu dans Taschereau, au terme d’une lutte qui s’annonçait serrée dans cette circonscription du centre-ville de Québec. Il l’emporte avec près de 42 % des voix, devant le péquiste Christian Savard, qui récolte 25 % des voix, et le libéral Farnell Morisset, qui obtient 14 %. Éliot Estévez-Verville, du Parti conservateur, récolte 11 %, tandis que la caquiste Brigitte Martin ferme la marche avec 6 % des voix.
Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3
C’est une victoire assez convaincante pour le député solidaire Étienne Grandmont, qui a réussi à récolter plus de 15 000 votes en sa faveur, selon le site d’Élections Québec. Une avance de plus de 6 000 voix le sépare de son plus proche rival, Christian Savard, du Parti québécois, qui obtient 9 000 votes. Les sondages les plaçaient presque au coude-à-coude à quelques heures du scrutin.
« Il ne faut pas toujours se fier aux agrégateurs », lance Étienne Grandmont, en riant, au micro de notre matinale Québec, réveille!
« Québec solidaire sort toujours très fort le jour de l’élection dans les circonscriptions où on est bien organisé. C’est le cas ici, dans Taschereau », ajoute le député, en précisant qu’il a pu compter sur l’appui de centaines de bénévoles tout au long de la campagne électorale.
Avec cette réélection, Québec solidaire conserve donc ses deux circonscriptions du centre-ville de Québec, puisque Sol Zanetti, co-porte-parole du parti, est également réélu dans Jean-Lesage.
À l’échelle de la province, Étienne Grandmont avoue que les points de vue sont nuancés ou mitigés quant aux résultats obtenus par Québec solidaire. Même si le parti a été en mesure de préserver ses acquis dans plusieurs régions, il perd néanmoins deux sièges à l’Assemblée nationale.
« Il y avait des sondages qui indiquaient qu’on pourrait complètement disparaître de la carte. Donc, évidemment, de sortir de la campagne électorale avec neuf circonscriptions, en gardant Québec, Jean-Lesage, Taschereau, en gardant Sherbrooke, donc des circonscriptions à l’extérieur de Montréal, ça fait extrêmement plaisir », ajoute-t-il.
Les pertes de Québec solidaire s’illustrent davantage à Montréal. La circonscription de Verdun, autrefois représentée par Alejandra Zaga Mendez de Québec solidaire, passe aux mains des libéraux. Cet ancien château fort libéral revient au rouge avec la victoire d’Antoine Dionne Charest, fils du bien connu Jean Charest.
Même scénario dans Saint-Henri–Sainte-Anne, où le libéral Benoît Clermont l’emporte sur le solidaire Guillaume Cliche-Rivard.
« C’est difficile de penser que je ne travaillerai plus avec Guillaume et Alejandra, qui sont des parlementaires exceptionnels, des humains formidables », ajoute Étienne Grandmont.
Une vague bleu foncé sur la Capitale-Nationale
Le résultat des élections provinciales nous offre un portrait particulier pour la grande région de Québec. Même si le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon a réussi à obtenir 59 sièges et à former un gouvernement minoritaire, il n’a gagné aucune circonscription à Québec. Même Pascal Paradis, député sortant de Jean-Talon, s’est lui aussi fait détrôner par la libérale Julie White.
Les neuf autres circonscriptions qui forment les grandes régions de Québec et de Lévis passent aux mains du Parti conservateur d’Éric Duhaime.
Pour faire avancer ses projets à l’Assemblée nationale, le PQ devra donc trouver l’appui des partis d’opposition. L’heure sera à la collaboration, même si les partis ne s’entendent pas sur certains dossiers.
« Le projet de tramway est un projet important qu’on veut continuer de faire avancer. Le projet de troisième lien n’est pas meilleur depuis les élections de lundi soir », avance le solidaire.
« C’est un balancier [...] alors j’ose espérer que le travail qu’on fera dans les prochaines années à Québec solidaire, à l’Assemblée nationale, mais aussi dans nos instances, avec les mouvements sociaux [...] et les différents contre-pouvoirs de la société québécoise, arrivera à relancer ce balancier, mais de l’autre côté », ajoute Étienne Grandmont.
Le Parti conservateur répétait encore ce matin vouloir faire pression sur le nouveau gouvernement pour freiner le projet du tramway. Il utiliserait l’argent investi dans le projet TramCité pour financer son projet de troisième lien à l’Est, qui passe par l’île d’Orléans.
« Je ne peux pas m’imaginer qu’on recule sur ce projet-là », ajoute l’élu.
En terminant, il admet tout de même s’entendre avec les autres députés de la région sur un thème que tous les partis jugent prioritaire : l’itinérance.
Photo à la une : Facebook/Étienne Grandmont, crédits : Maude Villeneuve
