À moins de deux semaines du scrutin, des groupes citoyens et environnementaux de Québec tiennent à relancer le débat sur la conversion de l'autoroute Laurentienne en boulevard urbain. Ce projet, qui a pour but d'éliminer la fracture urbaine entre les différents quartiers centraux, a été retiré du Plan québécois des infrastructures (PQI) en 2025. Une décision que certains jugent inacceptable.
Julie-Anne Perreault
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Dans les cartons depuis près de 10 ans, le projet de conversion de l'autoroute Laurentienne est loin de tomber dans l'oubli. Dans un communiqué envoyé aujourd'hui, l'organisme Accès Transport Viable demande des engagements clairs de la part de tous les partis politiques afin de transformer l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain.
« Les partis politiques et le futur gouvernement doivent s’engager à transformer l’autoroute Laurentienne, de Saint-Roch jusqu’à l’autoroute Félix Leclerc, en boulevard urbain », peut-on lire dans un communiqué transmis par l'organisme ce matin.
Jugée dangereuse et désagréable à franchir, l'autoroute actuelle limite la capacité de la population à se déplacer librement en transport actif et collectif. Toujours selon l'organisme, l'artère a aussi « des conséquences néfastes sur le secteur : bruit, pollution de l’air, création d’îlots de chaleur.»
« Depuis trop longtemps, Laurentienne constitue une barrière entre nos quartiers. Sa transformation permettrait de retisser des liens entre les communautés et de créer des milieux de vie plus sécuritaires, plus accessibles et plus humains », souligne Nicolas Drolet, agent de mobilisation citoyenne à La Ruche Vanier.
Rappelons que le 15 septembre dernier, le maire de Québec, Bruno Marchand, inscrivait également ce projet dans « sa liste d'épicerie » pour la Capitale-Nationale. Dans son Programme particulier d'urbanisme, la Ville de Québec avait présenté sa vision pour le secteur Wilfrid-Hamel-Laurentienne, visant à « créer un milieu agréable, sécuritaire et où la qualité de vie prédomine ».
Désenclaver les quartiers
L'un des arguments les plus entendus dans ce dossier est l'idée de reconnecter les différents secteurs. Même s'ils sont près l'un de l'autre, l'autoroute Laurentienne « coupe » les quartiers de sorte qu'un déplacement standard entre deux immeubles longeant l'artère, comme le Centre Vidéotron à Place Fleur de Lys, prend plus d'une vingtaine de minutes à effectuer à pied.
Accès Transports Viables ajoute que le quartier Vanier est aussi l'un des plus enclavés par le lien autoroutier.
« La transformation de l’autoroute 973 s'inscrit dans notre vision pour les 50 prochaines années de notre quartier. Elle est primordiale pour relier le quartier Vanier, un secteur enclavé, aux quartiers limitrophes », soutient Pierre-Marc Doucet, président du Conseil de quartier Vanier.
« Avec le développement du site Fleur de Lys et du projet de développement du site ExpoCité, cette transformation permettra l'interconnexion des sites résidentiels, commerciaux, sportifs et culturels de ce secteur », ajoute-t-il.
Pour Marie-Soleil Gagné, directrice générale d’Accès transports viables, le prochain gouvernement doit s'engager à développer le potentiel du secteur et à reconnecter les quartiers centraux.
«Le temps du statu quo a suffisamment duré ! [...] Que ce soit à Séoul en Corée du Sud avec la rivière Cheonggyecheon ou l’autoroute Park East dans l'État du Wisconsin, le nombre d’exemples dans le monde ne manque pas afin d’inspirer nos décideurs! »
Le président du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou, Loïc Arias, rappelle pour sa part la dangerosité du secteur et le caractère dissuasif de son accessibilité en matière de mobilité.
«Traverser vers Saint-Sauveur ou Vanier, c'est franchir une barrière hostile et dangereuse. On prend l'auto, ou on n'y va tout simplement pas », souligne-t-il.
Il ajoute : « On nous répond toujours qu'il y a trop d'autos et que le projet va empirer la circulation. C'est prendre le problème à l'envers. Un boulevard urbain doit venir avec une offre de transport en commun structurante et un réseau de stationnements incitatifs, pour limiter les déplacements dans les quartiers centraux. »
Les groupes affirment également que pour plusieurs personnes, l'autoroute Laurentienne est une porte d'entrée sur Québec et qu'elle devrait avoir une entrée digne de notre belle ville.
