Le week-end dernier, les États-Unis ont lancé une attaque majeure sur le Venezuela et ont capturé son président, Nicolás Maduro. L’enlèvement du dictateur du pays, dont la victoire aux dernières élections est contestée sur la scène internationale, a créé une vague de réactions qui se fait sentir jusqu’ici, à Québec. Le Collectif de Québec pour la paix dénonce d’ailleurs avec fermeté l'opération menée par Donald Trump et déclare que l’invasion constitue une violation du droit international et des principes de la Charte des Nations unies.
Julie-Anne Perreault
IJL - CKIA
« L’invasion par les États-Unis de l'Afghanistan et de l’Irak a prouvé que ce n’était pas la façon de faire de la démocratie », explique d’entrée de jeu Sébastien Bouchard, porte-parole du Collectif pour la paix.
Pour mettre en contexte, le président Maduro est accusé de graves violations des droits de la personne. Il a été enlevé par les forces américaines dans la nuit du 3 au 4 janvier. Depuis, sa femme et lui sont retenus à New York, où ils doivent répondre à quatre chefs d’accusation en lien avec le trafic de cocaïnes. Même si certains trouvent un soulagement dans son départ, d’autres membres de la communauté latino de Québec sont offusqués par les actions du gouvernement américain :
Dans une entrevue avec les médias, au lendemain de l'opération, Trump ne cachait pas ses intentions. Même s’il a mentionné la défense des droits humains comme justification, ses motivations seraient aussi économiques. Selon le Collectif, le président américain cherche à imposer un modèle aux Vénézuéliens, en lien avec le contrôle des ressources pétrolières du pays.
« La raison derrière cette agression-là, il faut être clair, c’est pour prendre le contrôle du pétrole. [...] C’est vraiment de l’impérialisme pur, clair, pour que les État-Unis reprennent le contrôle des ressources d’un autre pays ».
- Sébastien Bouchard, porte-parole du Collectif pour la paix.
Devant l’inconnu, l’inquiétude persiste quant à la suite des choses. Entre bombardements, possible invasion et menaces envers d’autres pays, le Collectif soulève plusieurs craintes :
Appel à la désescalade
Le Collectif exige également des actions du gouvernement canadien et appelle les citoyens à se mobiliser en soutien aux Vénézuéliens lors d’une manifestation organisée dimanche à 14h devant l’Assemblée nationale.
Le porte-parole conclut en rappelant que parmi les endroits où se trouvent des ressources critiques, telles que le pétrole et l’eau, figurent le Québec et le Canada.
« Si on laisse les États-Unis attaquer le Venezuela, on laisse la menace envers nous, grandir. »
- Sébastien Bouchard, porte-parole du Collectif pour la paix.
Photo : Témoin des relations entre les deux pays, cette sculpture en Basse-Ville est un don qu’à fait le Venezuela à la Ville de Québec en 1982. Elle rend hommage à Simon Bolivar, crédit photo : Julie-Anne Perreault.
