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Affaires publiques

La Ville de Québec annonce aujourd’hui qu’elle remettra 120 000 $ pour l’année 2026-2027 à l’organisme Le Reflet Entraide, anciennement appelé Vide ta sacoche. Fondé en 2020, l’OBNL a pour mission de réduire la précarité hygiénique et de favoriser le mieux-être des personnes vulnérables en offrant des produits d’hygiène de qualité, des cosmétiques et des soins.

CKIA 88,3 – Julie-Anne Perreault


« On est bien contents d’avoir le soutien financier de la Ville », raconte Marie-Anik Shoiry, fondatrice et directrice générale du Reflet Entraide. « Le gros défi de l'organisme, c’est que le financement ne suit pas la croissance des besoins », avoue la directrice, qui se réjouit de recevoir un premier financement public structurant.


Le programme, soutenu par la Ville de Québec, permettra à l’organisme de poursuivre sa mission, c’est-à-dire celle de récupérer des produits hygiéniques et cosmétiques de qualité et de les redistribuer à des organismes qui viennent en aide aux personnes vulnérables.


« On a des clientèles très variées », explique la directrice. En plus d’offrir des produits par l’entremise d’un kiosque au centre-ville pour les personnes en situation d’itinérance, l’organisme remet aussi des trousses-cadeaux dans des résidences pour personnes âgées et des maisons d’hébergement pour femmes.



Le Reflet collabore également avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et le CIUSSS de la Capitale-Nationale.


Pour accomplir sa mission, Reflet Entraide mise sur l’économie circulaire en récupérant notamment les invendus d’entreprises de distribution, de commerces ou de pharmacies.

Dans l’entrepôt de l’OBNL, on retrouve presque tous les produits d’hygiène imaginables : brosses à dents, shampoings, crème solaire, gel douche, savon, produits d’hygiène féminine, maquillage et plus encore.

La directrice le souligne : l’organisme offre bien plus que des biens matériels.



Un nouveau projet est d’ailleurs dédié aux femmes. L’équipe a converti un camion en « salon d’esthétique ambulant » afin d’offrir gratuitement des soins esthétiques directement sur le terrain.



Faire connaître la précarité hygiénique : un défi

Un sondage mené en collaboration entre l’organisme et la firme Léger en 2024-2025 démontre que 34 % de la population est touchée par la précarité hygiénique.


« Chez les jeunes, c’est presque une personne sur deux et, chez les femmes, on a frôlé les 40 % », précise-t-elle


« La précarité hygiénique, c’est vraiment une réalité qui est très présente, mais très souvent oubliée. »

– Marie-Anik Shoiry, fondatrice et directrice générale du Reflet Entraide. 


« Il y a des personnes en situation de pauvreté qui vont couper dans les produits d’hygiène et les produits menstruels. Ce sont les éléments sur lesquels elles ont un certain contrôle », constate quant à elle Marie-Pier Boucher, conseillère municipale et vice-présidente du comité exécutif, également responsable de l’itinérance et de la condition féminine.


Pour la Ville, l’expertise de l’organisme s’inscrit directement dans les objectifs de la Vision 2018-2028 pour une saine gestion des matières résiduelles, notamment en matière de réduction à la source, de réemploi et de lutte contre le gaspillage.


L’initiative représente un mariage naturel entre l’environnement et la solidarité. 



Soutenir ce programme allait de soi, pour la Ville. Selon la conseillère, l’initiative rejoint non seulement les objectifs du plan d’action en itinérance, mais contribue également à sensibiliser la population aux réalités vécues par les personnes en situation de précarité et à promouvoir une plus grande égalité.


« Je pense qu’on doit être éveillés à ces enjeux-là. Plus on va en parler, plus on va comprendre le vécu et la réalité de tous et chacun », ajoute Marie-Pier Boucher.


Alors que la plupart des gens parviennent à répondre à leurs besoins de base, d’autres doivent constamment se restreindre. L’exercice offre ainsi l’occasion de se mettre à la place de ceux qui vivent cette réalité au quotidien.


« Cette empathie collective-là passe par la compréhension de ce que les gens vivent. »

– Marie-Pier Boucher, conseillère municipale et vice-présidente du comité exécutif


Un élan de solidarité qui a fait du chemin

En 2018, lorsque Marie-Anik a eu l’idée du projet, elle l’a commencé dans son sous-sol. Elle a mis en place une grande collecte auprès de ses amis et de ses proches pour offrir des produits à des femmes dans le besoin.


« Pendant qu’on faisait la collecte, une entreprise m’a appelée pour me dire qu’elle avait sept palettes de produits invendus, inutilisés et à donner », raconte la fondatrice. « Ça n’entrait pas dans mon sous-sol, donc on s’est trouvé un local », explique-t-elle en riant.


C’est à ce moment-là que Marie-Anik dit avoir pris conscience du potentiel de récupération des produits, à la fois auprès de la communauté, mais également auprès d’entreprises de fabrication et de distribution.

Photo : Trousse remise à des personnes dans le besoin. Une carte du Reflet avec un message d'encouragement accompagne chaque ensemble.

Aujourd’hui, l’organisme est installé dans deux grands entrepôts situés à la Place Fleur de Lys. Le Groupe Trudel leur offre d’ailleurs les locaux gratuitement. Grâce à ce principe d’économie circulaire, Le Reflet a réussi à redistribuer et à recycler 700 000 produits, ce qui représente une valeur marchande estimée à près de 6 M$, depuis sa création.


« Jamais je n’aurais pensé qu’on en serait là aujourd’hui », avoue-t-elle. « Ça démontre le besoin et la pertinence de la mission de l’organisme », ajoute Marie-Anik.


Les personnes qui souhaitent soutenir l’organisme peuvent effectuer un don en ligne ou déposer des articles dans l’un des nombreux points de collecte de la Ville de Québec. Le Reflet Entraide accepte également les contributions en argent ainsi que les produits neufs, non ouverts et non périmés, qui seront redistribués aux personnes dans le besoin.


 
 

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