Après plusieurs années d’attente, le Centre de services intégrés en santé mentale, dépendances et itinérance ouvre finalement ses portes. Nommé Le Bastion, le centre offre des services aux personnes marginalisées ou désaffiliées, vivant des enjeux de dépendance, d’itinérance ou de santé mentale. Un large éventail d’organismes et de partenaires sont maintenant regroupés sous un même toit.
Julie-Anne Perreault - CKIA 88,3
Situé au 14, côte du Palais, ce nouveau lieu a été réalisé en collaboration avec des partenaires du secteur public et du milieu communautaire, tels que la Maison Job, qui occupe notamment le rez-de-chaussée.
« On nous a donné le mandat de deux services, dont celui de l’avant-poste, qui est un service d’accueil », explique Amélie Cantin, directrice des services professionnels à la Maison Job. « Ce n’est pas un drop-in, ce n’est pas 24 h », précise l’intervenante.

Photo : Milieu d'accueil de la Maison Job, crédits : Julie-Anne Perreault
Le milieu comporte une salle de séjour ouverte en semaine, de jour, qui permet entre autres de favoriser la création de liens de confiance.
« La personne arrive de la rue, parfois elle ne sait pas exactement ce dont elle a besoin, nous, on va l’aider à déterminer ses besoins et la référer vers les ressources », explique celle qui est impliquée dans le projet depuis des années.
En plus de travailler au milieu d’accueil ouvert sur la rue, l’équipe de la Maison Job travaillera également au dernier étage du bâtiment, au Programme de réaffiliation en itinérance et dépendance (PRID).
On y retrouve 12 lits, une cuisine, des salles communes, ainsi que des salles de lavage. L’objectif de l’endroit est d’offrir aux personnes dans le besoin un environnement stable et sécuritaire, dans l’objectif d’assurer une transition vers un milieu de vie adéquat.
« C’est de l’hébergement dans le but de sortir de l’itinérance », précise Amélie Cantin.
Le nouveau programme est aussi pensé de façon à apprendre aux usagers à devenir autonomes et à « être un bon voisin ». De la carte d’assurance maladie aux paiements de factures, en passant par l’entretien, le PRID offre une panoplie de services.
Sans toutefois être une thérapie fermée, des intervenants de la Maison Job et une travailleuse sociale y travaillent dans « une optique de réduction des méfaits ».
« C’est une trajectoire en ligne droite. On te prend avant même que tu sois prêt et on t’aide à être prêt », ajoute la directrice. « C’est beaucoup plus facilitant pour la clientèle », conclut-elle.

Photo : L'une des chambres d'hébergement du Bastion, crédits : Julie-Anne Perreault
Se regrouper pour mieux intervenir
Parmi les autres services du Bastion, on retrouve les Ressources d’accès en médecine des dépendances (RAAM Québec), qui offrent un accès rapide à une évaluation médicale et à des services en dépendance.
Selon l’équipe, c’est une première en son genre au Québec. D’autres cliniques semblables, appelées en anglais Rapid Access Addiction Medicine, sont déjà visibles en Ontario, mais celle-ci est une première dans la province.
Des équipes spécialisées en sevrage seront sur place pour veiller aux prescriptions et à la désintoxication. Selon les intervenants à la RAAM, une dizaine de médecins spécialisés en dépendance ont déjà levé la main pour être assignés au service.
« L’essence du projet, c’est de regrouper les différentes expertises autour de la clientèle. Et non que la clientèle doive se déplacer pour avoir accès à l’expertise », explique Claudine Lemay, directrice adjointe à la direction Santé mentale, dépendance, itinérance au CIUSSS de la Capitale-Nationale, maintenant devenue Santé Québec Capitale-Nationale Universitaire.
Située à l’étage, l’Unité de sevrage offre 18 lits d’hébergement avec des services 24/7 par une équipe infirmière, médicale et psychosociale. On parle ici d’un service d’accompagnement d’une dizaine de jours pour des besoins de sevrage modérés ou légers. L’équipe offrira principalement des accompagnements de groupe, et éventuellement, individuels.
« L’impact qu’on va peut-être voir, c’est au niveau des urgences », espère la directrice adjointe. « On souhaite pouvoir les capter plus tôt », ajoute-t-elle.
En plus des services déjà nommés, l’Équipe de liaison itinérance occupe aussi le premier étage du Bastion. On y offre des services d’accompagnement par une équipe d’intervention psychosociale. Leur rôle est, entre autres, de faciliter l’arrimage entre les personnes et les ressources.
« De partager des espaces communs, ça fait une différence. Ce qu’on veut créer justement avec toutes les équipes, c’est une grande équipe », précise Claudine Lemay, qui précise aussi les origines du projet :
Le Bastion bénéficie d’un montant de 1,1 M$ annuellement.
