Selon les derniers chiffres de la Société de développement commercial de Saint-Roch (SDC), le taux d’inoccupation du quartier est passé de 19 % à 16 % en deux mois. Alors que les enjeux de cohabitation font les manchettes, des commerçants choisissent encore de s’établir au centre-ville. Dix nouveaux établissements ont ouvert leurs portes et d’autres ouvriront prochainement.
CKIA 88,3 — Julie-Anne Perreault
La conseillère du district Saint-Roch–Saint-Sauveur, Elainie Lepage, ne cache pas son enthousiasme. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour le quartier, et il faut, selon elle, « souligner les petites victoires ».
« On met beaucoup d’efforts, il y a beaucoup de choses qui se passent et plusieurs acteurs travaillent quotidiennement pour que Saint-Roch rayonne », se réjouit-elle.
Selon Elainie Lepage, plusieurs commerces « vraiment solides » viennent de voir le jour et complètent bien l’offre de services du quartier Saint-Roch. Elle cite notamment le nouveau café La Capella et le Déli Saint-Jo. Une future boutique de chaussures sur la rue Saint-Joseph devrait également ouvrir ses portes prochainement.
« Je nous souhaite que ce soit permanent », ajoute-t-elle.
Elle rappelle que le quartier bénéficie de la présence de différents types d’établissements, tant des commerces de proximité que des commerces de destination.
La conseillère reconnaît toutefois qu’il reste encore du travail à faire pour atteindre un taux d’occupation jugé sain, situé autour de 10 %. Elle ajoute également que la Ville étudie toutes les options possibles pour veiller au bien-être des commerçants dans le contexte des travaux préparatoires du tramway, qui modifieront le schéma de circulation dans Saint-Roch.
Le 31 mars dernier, la Ville de Québec annonçait la fin du Fonds Saint-Roch. Les sommes de 1,3 M$, prévues pour revitaliser le quartier, ont été entièrement attribuées. Aujourd’hui, la conseillère affirme que la Ville souhaiterait donner une suite à ce programme.
« Est-ce que les commerçants de la rue Saint-Joseph pourraient bénéficier d’un autre type de soutien financier ? », se questionne-t-elle. « Nous sommes en train d’étudier ces questions à travers les différents chantiers », ajoute-t-elle.
La conseillère aborde aussi certains aspects de Saint-Roch qui sont moins souvent mis en lumière dans la couverture médiatique.
« Il faut vivre avec ça », lance l’un des nouveaux commerçants
Parmi les nouvelles adresses de la rue Saint-Joseph figure notamment le café La Capella. L’établissement propose des déjeuners et des dîners complets, ainsi que des cafés et des viennoiseries, dans une grande salle à manger conviviale.
Pour le propriétaire, Youssef Fakhari, la décision de s’établir au centre-ville visait à profiter de l’achalandage.
Il reconnaît toutefois devoir composer avec la présence de personnes en situation d’itinérance au centre-ville, sans que cela nuise à son commerce.
« C’est plus de gestion lorsqu’ils nous demandent d’utiliser la salle de bain », raconte-t-il. « On doit effectuer des vérifications, au cas où », avoue celui qui possède déjà un premier établissement à Lévis.
Son équipe et lui disent profiter de la présence des résidents, mais aussi de celle des touristes qui logent dans les nombreux appartements de location à court terme de la rue Saint-Joseph.

Photo : Le café La Capella sur la rue Saint-Joseph.
Pour sa part, Justine Verrier a récemment ouvert sa boutique sur l’avenue Saint-Vallier avec son associée, Camille. Saudade Studio Floral existe depuis plus de trois ans, mais l’atelier floral a récemment élargi son offre aux particuliers.
« On voulait un local au centre-ville », lance l’entrepreneure. « Ça ne nous stressait pas d’être dans Saint-Roch », ajoute-t-elle, en mentionnant que certains des précieux clients de l’entreprise sont situés dans le secteur.
Bien qu’elle reconnaisse que son commerce soit situé plus loin des zones où se rassemblent fréquemment les personnes en situation d’itinérance, Justine Verrier constate que cet enjeu n’a aucun impact sur ses activités.
« C’est présent, mais je ne me sens pas en danger et il n’y a pas d’impact sur nous », ajoute celle qui traverse le quartier à pied chaque jour.
En ce qui concerne la couverture médiatique et la façon dont on parle de Saint-Roch dans l’espace public, elle estime qu’il faut redonner « un dynamisme » au quartier.

Photo : Justine Verrier de Saudade Studio Floral.
Une fierté pour la SDC
Pour la directrice générale de la Société de développement commercial de Saint-Roch, Catherine Pelletier, cette amélioration du taux d’inoccupation est le fruit d’un long travail de collaboration entre les partenaires du milieu, le comité de développement et la Ville de Québec.
« Nous sommes très fières d’annoncer cette bonne nouvelle, et d’autres suivront », affirme la directrice. Selon elle, plusieurs projets de repreneuriat devraient également se concrétiser prochainement.
Catherine Pelletier précise par ailleurs que les données dévoilées par la SDC ne tiennent pas compte de toutes les nouvelles entreprises qui ont récemment établi leurs bureaux dans le quartier.
« Saint-Roch va changer de visage au cours des prochaines années, et nous comptons faire partie de ce changement », soutient la directrice générale, alors que la SDC se prépare à dévoiler son positionnement stratégique, sa nouvelle image de marque et son site Web à l’automne.
Elle précise que cette nouvelle vision a été élaborée en collaboration avec les partenaires des milieux économique et communautaire du quartier.
