L’équipe de Touski a tenu plus tôt cette semaine une rencontre avec les citoyens du quartier afin de répondre à leurs questions concernant le projet d’épicerie solidaire qui verra le jour en 2027 dans le quartier Saint-Sauveur. Parallèlement, l’organisme a également bénéficié d’un soutien financier de 300 000 $ de la Ville de Québec.
Photo : Page Facebook/Touski
Julie-Anne Perreault
CKIA 88,3 – IJL
C’est une semaine importante pour l’équipe de Touski, qui poursuit la préparation de l’ouverture de son épicerie abordable, laquelle prendra place dans l’ancien Marché Saint-So, au 202, rue du Cardinal-Taschereau. La rencontre de mardi, tenue dans les locaux de l’Engrenage Saint-Roch, a permis à l’équipe d’échanger avec les résidents du quartier et de leur présenter l’avancement du projet. La soirée a aussi été l’occasion de discuter des possibilités d’implication citoyenne.
Pour Marie-Pier Deraspe, coordonnatrice générale de Touski, c’est l’engagement des résidents qui a permis de faire perdurer le projet dans le temps.
« Depuis 2016, en basse-ville, il y a des gens qui se mobilisent et qui parlent des enjeux d’insécurité alimentaire », rappelle Marie-Pier. « L’un des besoins qu’ils nomment, c’est d’avoir une alternative entre les épiceries commerciales existantes, souvent trop chères, et l’aide alimentaire. »
À la suite de cette mobilisation citoyenne, une série de projets concertés ont vu le jour au fil des années. Selon elle, la demande de voir naître ce projet structurant était « rappelée chaque année ».
Alors que certains sceptiques auraient pu douter de la faisabilité du projet, la coordonnatrice affirme pouvoir s’appuyer désormais sur des exemples de réussites dans d’autres villes, notamment à Montréal.
Un citoyen engagé au cœur du projet
Lorsque le Marché Saint-So a fermé ses portes en 2024, un résident du quartier s’est inquiété de voir le local perdre sa vocation. Il a alors décidé de le racheter afin d’en préserver l’usage.
Il a ensuite proposé à l’équipe de Touski un maillage entre leur projet et le bâtiment qu’il possédait. L’épicerie solidaire a ainsi trouvé un lieu, tandis que le local a conservé sa vocation communautaire et sociale. Tout le monde y gagne.
« Ce projet-là ne pourrait tout simplement pas exister sans ce local, ou il serait complètement différent », souligne Marie-Pier Deraspe, coordonnatrice générale de Touski. Elle ajoute : « C’est quelqu’un de super généreux qui investit beaucoup de temps. »
L’équipe en est actuellement à la réalisation des premières esquisses du projet. La prochaine étape consistera à sélectionner un entrepreneur général qui sera chargé d’effectuer les travaux structuraux du bâtiment. Le début du chantier est prévu à l’automne 2026, bien que la majeure partie des travaux devrait s’amorcer vers la fin décembre ou au début janvier.
« Le bâtiment a besoin de beaucoup d’amour », ajoute Marie-Pier.
Un modèle d’épicerie solidaire
L’épicerie reposera sur un modèle à but non lucratif offrant une diversité et une qualité de produits comparables à celles d’une épicerie traditionnelle. La différence réside dans la volonté de réduire les marges au maximum afin de couvrir les frais de base, comme le loyer et l’électricité.
« On veut aussi créer de beaux emplois dans cette épicerie-là », précise la coordonnatrice, tout en ajoutant qu’une partie du travail pourrait être réalisée bénévolement par des membres de la communauté. « Une fois que l’épicerie va être partie, on va être autonome », explique Marie-Pier.
Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer au projet, l’équipe souhaite s’inspirer d’un modèle d’implication d’environ quelques heures de bénévolat par mois.
En plus de prêts de démarrage, la future épicerie a reçu une contribution de 300 000 $ de la Ville de Québec dans le cadre des enveloppes de projets structurants. Une campagne de sociofinancement est également prévue à l’automne.
