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Actualité

Affaires publiques

Le dernier budget du gouvernement Legault, qualifié de « sobre, ciblé et responsable », a été présenté hier par le ministre des Finances, Eric Girard. Le budget 2026-2027 se traduit par un déficit de 8,6 G$ pour le Québec et il est affecté par le contexte économique et politique actuel. Les mesures tarifaires des États-Unis, la guerre au Moyen-Orient, le conflit en Ukraine et la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (AECUM) font partie des incertitudes évoquées par le ministre des Finances.

Julie-Anne Perreault

Après un déficit record de 13,6 milliards de dollars annoncé en 2025, le gouvernement de François Legault prévoit maintenant un déficit de 8,6 G$ et vise toujours un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030.


« Il y a un climat d’incertitude qui pèse sur la confiance, l’investissement et le commerce mondial. L’économie mondiale traverse actuellement une période de transformation profonde », a lancé Eric Girard, ministre des Finances du Québec, lors du dépôt de son dernier budget au Centre des congrès de Québec, hier.


« En termes de finances publiques, j’ai de bonnes nouvelles », a lancé le ministre. Le Québec est toujours endetté, mais les finances s’améliorent.

Pour 2024-2025, le déficit du Québec s’élevait à 11 G$, après avoir pigé dans le Fonds des générations. Il a par la suite été révisé à 7,6 G$, une amélioration de 3,4 G$. Pour 2025-2026, on nous avait annoncé un déficit historique de 13,2 G$, qui a plus tard été révisé à 9,9 G$. Et maintenant, pour 2026-2027, le déficit s’élève à 9,5 G$, révisé à 8,6 G$. Selon le ministre, c’est encore « l’un des plus bas déficits au Canada ».


Photo : Le ministre des Finances, Eric Girard, lors du dépôt du budget 2026-2027. Crédit : Julie-Anne Perreault.


Le Plan budgétaire du Québec – mars 2026 prévoit 9,6 milliards pour renforcer les services publics et stimuler l’économie, et vise aussi des investissements pour les grandes missions de l’État.

Parmi les multiples mesures annoncées, le gouvernement prévoit 4,9 G$ d’investissements sur cinq ans. On y retrouve entre autres :

  • 2,2 G$ pour faciliter l’accès aux services de santé et aux services sociaux

  • 639 M$ pour miser sur la réussite éducative des élèves

  • 392 M$ pour la formation en enseignement supérieur

  • 1,1 G$ en prévention de la cybersécurité


                « C’est ce qu’on regroupe lorsque je parle des grandes missions de l’État : santé, éducation, enseignement supérieur, justice, sécurité publique. »
                    — Eric Girard, ministre des Finances du Québec


Dans son huitième budget, le gouvernement du Québec a également prévu des montants pour certains gestes ciblés. À hauteur de 2,4 G$ sur cinq ans, ces sommes seront investies dans le soutien aux familles, l’itinérance, la violence conjugale et l’accès au logement.

À la veille du budget, on annonçait déjà 868 M$ pour la conversion de 5 000 places en services de garde non subventionnés en places subventionnées. Pour pallier la crise du logement, la CAQ prévoit investir 717 M$ pour améliorer l’accès au logement en construisant 1 000 logements sociaux abordables. 260 M$ sont prévus pour lutter contre la violence faite aux femmes. 264 M$ serviront à aider les personnes en situation d’itinérance. Finalement, des sommes de 257 M$ serviront à renforcer les services aux personnes vulnérables.

Un montant de 90 M$ sur cinq ans, dont 42 M$ cette année, est prévu pour l’itinérance. Pour les banques alimentaires, 21 M$ ont également été annoncés.


Les infrastructures : le nerf de la guerre

Alors que l’état actuel de nos hôpitaux, de nos écoles et de nos routes fait les manchettes partout dans la province, le gouvernement prévoit investir 167 G$ au cours des 10 prochaines années dans le Plan québécois des infrastructures, notamment dans les secteurs prioritaires que sont la santé et les services sociaux, le transport et l’éducation.

Le gouvernement du Québec prévoit miser sur le maintien des infrastructures existantes et rehausse le financement accordé. L’enveloppe s’élève maintenant à 71 % pour le maintien des actifs, contre 25 % pour de nouveaux projets. Pour les villes, un montant de 7,2 G$ sur 10 ans est prévu, soit une hausse de 377 M$.

Pour les villes comme Québec et Lévis, l’état des infrastructures est le nerf de la guerre. Seulement pour Québec, le maire Bruno Marchand estime avoir besoin de 5,5 G$ sur 10 ans pour mettre à niveau les infrastructures.

À Lévis, ce sont 155 M$ sur quatre ans qui sont nécessaires pour les usines de traitement des eaux usées, qui sont désuètes.

Le ministre responsable des Infrastructures, Benoît Charette, demande aux villes de revoir leurs attentes. 


Photo : Le ministre de l'environnement et responsable des infrastructure, Benoît Charette, lors du dépôt du budget. 

Certains projets, tels que le troisième lien, le tablier du pont de Québec et l’hôpital de La Malbaie sont toujours à l’étape de planification dans le PQI.


                « Ce que j'ai devant moi ce n'est pas un budget, c'est une pancarte électoraliste de la CAQ. »

                    — Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec Solidaire 


Du côté des partis de l'opposition, les réactions étaient nombreuses. Le nouveau chef du Parti Libéral du Québec, Charles Milliard, la co-porte-parole de Québec Solidaire, Ruba Ghazal et le député du Parti Québécois, Pascal Paradis ont notamment pris la parole : 



                    « C’est un budget qu’on a surnommé PPP., plate, pauvre et paresseux »

                    Eric Duhaime, chef du parti conservateur du Québec 


Photo : Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, crédit : Julie-Anne Perreault. 


Le Chantier gouvernemental de l’efficacité de l’État

Les dépenses de l’État se chiffrent quant à elles à 170 G$. La ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de l’Efficacité de l’État et présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, prévoit miser sur l’efficacité de l’État pour réduire les dépenses du gouvernement.

Pour ce faire, elle va s’appuyer sur trois piliers : optimiser l’organisation du travail, renforcer la saine gestion des dépenses et maximiser l’impact des dépenses.

Le budget est déposé alors que la Coalition avenir Québec devra choisir son nouveau chef le 12 avril prochain. Les futurs dirigeants de la CAQ bénéficieront d’une enveloppe discrétionnaire de 250 M$ par année pour leur permettre de réaliser leurs promesses.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a quant à lui confirmé qu’il se présentera aux prochaines élections provinciales.

 
 

Émiss
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