La Coalition contre les logements chers (COLOC) tenait aujourd'hui une première manif-action en simultané à Québec et Montréal. Des groupes de défense des droits des locataires se rassemblaient devant les bureaux du Tribunal administratif du logement (TAL) sur le boulevard René-Lévesque pour dénoncer la crise du logement cher.
Julie-Anne Perreault — CKIA
La COLOC est formée de 20 regroupements nationaux et de plus de 40 organismes régionaux et locaux. Ensemble, les groupes veulent envoyer un message clair au gouvernement : faire de la crise du logement un enjeu central lors des prochaines élections.
« On a 50 appels en attente en ce moment », raconte Félix Marois, animateur communautaire au Bureau d'animation et d'information sur le logement (BAIL). « C'est beaucoup pour une petite équipe comme la nôtre », ajoute-t-il.
Organisée à la date des déménagements, cette manifestation rassemblait des gens de tous les horizons : des aînés, des étudiants et des jeunes familles. Des organismes communautaires et des organisations syndicales étaient aussi de la partie.
« On veut un contrôle des loyers pour lutter contre les augmentations abusives, on veut un investissement massif dans le logement social et on veut la reconnaissance du droit au logement soit inscrite dans la Charte canadienne», lance l'intervenant du BAIL.
Radio-Canada révélait cette semaine que 100 000 logements étaient toujours vacants au Québec. L'animateur communautaire remet ces chiffres en perspective.
« C'est 10 fois plus grand que le nombre de personnes en situation d'itinérance », constate-t-il. « C'est énorme! ».
Pour Étienne Grandmont, député de Taschereau, ce nombre indique que des gens « abusent du système ».
Selon le député de Québec solidaire, une série de décisions prises par la Coalition Avenir Québec ont alimenté la crise du logement.
« Il n'y a jamais eu autant de logements qui se construisent, il n'y jamais eu autant de logements disponibles, puis malgré tout, on a toujours 10 000 personnes au Québec qui sont en situation d'itinérance visible», ajoute l'élu.

Photo : Des manifestants à la manif-action de la COLOC à Québec, crédits : Julie-Anne Perreault
Farnell Morisset, candidat du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Taschereau, rappelle que la crise du logement n'est pas arrivée du jour au lendemain.
« C’est le résultat d’une longue période de décisions, qui, à chaque étape, ont précarisées certaines personnes et qui ont rendu les logements moins accessibles », ajoute le candidat.
Il trouve « choquant » de voir autant de logements disponibles et autant de gens à la rue. Le Parti libéral a d’ailleurs appuyé l’idée de tenir un sommet national sur l’itinérance.
Des ménages toujours sans logement
À quelques jours du 1er juillet, près de 300 ménages étaient toujours à la recherche d'un logement dans la Capitale-Nationale, un chiffre qui a presque doublé depuis deux ans, selon le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Le BAIL est loin d'être le seul organisme pour lequel la pression s'accentue depuis quelques semaines.
Selon les récentes données de l'Office municipal d'habitation de Québec (OMHQ), une trentaine de ménages sont toujours accompagnés par le Service d'aide à la recherche au logement (SARL) dans la Ville de Québec.
« À la veille du 1er juillet, on travaille surtout en urgence. On veille à ce que chaque personne ait un toit sur la tête », explique Marie-Christine Lamontagne, conseillère aux communications pour l'OMQ.
« On a toujours des trajectoires déterminées pour ces gens-là », ajoute la responsable qui précise au passage que les demandes sont moins nombreuses à Québec, mais plus complexes.
« On a davantage de ménages qui sont dans une grande situation de précarité, qui ont épuisé leurs ressources », précise-t-elle.
Les observations sont similaires au BAIL où Félix Marois avoue rencontrer de plus en plus de locataires qui sont prêts à vivre dans de mauvaises conditions pour garder leur logement. Selon lui, des femmes vont rester dans
En date d’aujourd’hui, 160 ménages bénéficient toujours d’un accompagnement actif auprès des SARL dans la Capitale-Nationale. 24 d’entre eux sont relogés temporairement à l’hôtel.
